Les groupes miniers Rio Tinto et Glencore, poids lourds du secteur extractif mondial, ont engagé des discussions préliminaires en vue d’un possible rapprochement, portant sur une partie ou sur l’ensemble de leurs activités. Si elle venait à se concrétiser, cette opération donnerait naissance au plus grand groupe minier mondial, avec une capitalisation boursière combinée estimée à près de 207 milliards de dollars américains.
Selon des informations rapportées par l’agence Reuters, les deux entreprises insistent toutefois sur le caractère exploratoire des échanges en cours, précisant qu’aucune offre ferme n’a, à ce stade, été formulée.
Un contexte de marché favorable aux métaux stratégiques
Ce projet de rapprochement intervient dans un contexte particulièrement porteur pour les métaux stratégiques. Le cuivre a connu une année 2025 exceptionnelle, affichant une hausse de 44 % et atteignant un record historique de 12 960 dollars la tonne sur le London Metal Exchange (LME). Selon les analystes de Jefferies, la dynamique haussière devrait se poursuivre en 2026, soutenue par la transition énergétique, l’électrification et les investissements dans les infrastructures.
Le marché du cobalt, quant à lui, a été fortement bouleversé par l’embargo sur les exportations imposé par la République démocratique du Congo, entraînant une flambée des prix de plus de 100 %. Néanmoins, les perspectives demeurent volatiles, le secteur restant exposé aux cycles de surproduction et aux évolutions technologiques rapides dans le domaine des batteries.
La consolidation comme levier stratégique
Dans ce contexte, la consolidation apparaît de plus en plus comme un levier stratégique pour les grands groupes miniers. Elle permettrait de sécuriser les volumes d’approvisionnement, de mutualiser des investissements lourds et de renforcer la résilience face à des cycles de marché devenus plus instables. Si l’opération aboutissait, le nouvel ensemble figurerait parmi les cinq premiers producteurs mondiaux de cuivre, avec une capitalisation boursière dépassant 50 milliards de dollars pour cette seule branche.
Rio Tinto dispose d’un délai allant jusqu’au 5 février 2026 pour annoncer soit son intention ferme de formuler une offre, soit son absence d’intention de le faire. Les analystes de Jefferies estiment qu’il existe un potentiel réel de création de valeur pour les deux parties, même si la structuration d’une éventuelle fusion s’annonce complexe, compte tenu de la diversité des actifs et des contraintes réglementaires.
Enjeux majeurs en RDC
Glencore contrôle par ailleurs deux importantes mines de cuivre et de cobalt en République démocratique du Congo : Kamoto et Mutanda, dont les permis expirent respectivement en 2039 et 2037. En 2024, ces deux sites ont produit 224 500 tonnes de cuivre et 35 100 tonnes de cobalt, confirmant le rôle central de la RDC dans l’approvisionnement mondial en métaux critiques.
Un rapprochement entre Rio Tinto et Glencore renforcerait ainsi encore davantage l’importance stratégique de ces actifs congolais dans l’équation minière mondiale.
Pierre Kabakila




