L’année 2025 a marqué un tournant stratégique majeur pour le complexe cuprifère de Kamoa-Kakula, en République démocratique du Congo, avec la mise en service progressive de sa fonderie de cuivre, l’une des plus modernes du continent africain.
En décembre 2025, Ivanhoe Mines a franchi une étape décisive en coulant avec succès les premières anodes de cuivre, affichant une pureté de 99,7 %. Un signal fort pour la montée en gamme industrielle du site.
Une montée en puissance conforme aux prévisions
Depuis son démarrage, la production d’anodes évolue conformément au plan opérationnel du groupe minier canadien. Elle atteint actuellement une moyenne d’environ 500 tonnes par jour, soit un rythme annualisé proche de 150 000 tonnes, intégrant les phases normales de montée en charge.
Les premières cargaisons d’anodes ont d’ores et déjà été chargées et sont prêtes à l’exportation. Selon la direction d’Ivanhoe Mines, les premières recettes commerciales issues de cette nouvelle activité devraient être enregistrées dans les tout prochains jours.
Un gain économique et logistique significatif
La transformation locale du cuivre représente un avantage économique majeur pour le complexe. En produisant des anodes directement sur site, Ivanhoe Mines réduit sensiblement les coûts logistiques, le cuivre exporté passant d’un concentré à environ 45 % à un produit contenant près de 100 % de métal pur.
Cette intégration verticale renforce la compétitivité de Kamoa-Kakula tout en s’inscrivant dans la stratégie congolaise de valorisation locale des ressources minières.
L’acide sulfurique, un sous-produit stratégique
Au-delà du cuivre, la fonderie génère également de l’acide sulfurique à haute teneur, avec une production moyenne actuelle estimée à 1 200 tonnes par jour. Ce sous-produit est particulièrement recherché dans la ceinture cuprifère d’Afrique centrale, notamment pour les opérations de lixiviation.
Dans un contexte de forte demande régionale et de restrictions d’exportation observées dans certains pays voisins, la vente locale de cet acide sulfurique devrait générer des revenus additionnels substantiels et contribuer à l’amélioration des marges du complexe.
Avec la mise en service de sa fonderie, Kamoa-Kakula franchit une nouvelle étape dans l’industrialisation du secteur minier congolais, consolidant la position de la RDC comme acteur clé de la chaîne de valeur mondiale du cuivre, au-delà de la simple exportation de concentrés.
Pierre Kabakila




