Le géant minier Glencore a annoncé être engagé dans des discussions avancées en vue de la cession d’une participation minoritaire de 40 % dans ses principales opérations de cuivre et de cobalt en République démocratique du Congo (RDC). Cette opération potentielle concerne les complexes miniers de Mutanda Mining (Mumi) et de Kamoto Copper Company (KCC), deux piliers de la production stratégique de métaux critiques du pays.
Selon les informations communiquées par le groupe, un protocole d’accord a déjà été paraphé avec Orion Critical Mineral Consortium (Orion CMC), une entité regroupant Orion Resource Partners et des intérêts soutenus par le gouvernement des États-Unis. La transaction projetée valoriserait l’ensemble des actifs concernés à environ 9 milliards de dollars, illustrant l’importance géopolitique et économique croissante des ressources minières congolaises.
Au-delà de l’aspect financier, le projet s’inscrit dans une vision de long terme. Glencore et Orion CMC ambitionnent non seulement de consolider et d’étendre les capacités de production de Mumi et KCC, mais aussi d’explorer de nouvelles opportunités d’investissement dans les minéraux critiques en RDC et dans l’ensemble de la ceinture cuprifère africaine. Ces initiatives se feraient en concertation avec l’État congolais et la Gécamines, partenaire historique de Glencore au sein de KCC.
Cette opération bénéficie d’un appui politique affirmé de Washington. Le vice-secrétaire d’État américain, Christopher Landau, a salué un accord conforme aux objectifs du partenariat stratégique signé le 4 décembre dernier entre les États-Unis et la RDC. Cet accord vise à garantir un accès sécurisé aux minéraux essentiels, en contrepartie d’une coopération renforcée dans les domaines de l’investissement et de la sécurité.
Pour Gary Nagle, directeur général de Glencore, cet intérêt confirme la position singulière du groupe en RDC, qu’il présente comme le principal producteur occidental de cuivre et de cobalt opérant dans le pays. De son côté, le PDG d’Orion Resource Partners, Oskar Lewnowski, voit dans ce projet la concrétisation de la mission du consortium : sécuriser durablement l’approvisionnement en minerais stratégiques au profit des États-Unis et de leurs alliés.
L’accord reste toutefois conditionné à plusieurs étapes clés, notamment la finalisation de la diligence raisonnable, ainsi que l’obtention des autorisations réglementaires et juridiques requises.
Cette annonce intervient dans un contexte de recomposition majeure du secteur minier mondial. Glencore est parallèlement au cœur de discussions avec Rio Tinto en vue d’un rapprochement qui pourrait donner naissance à la plus grande entreprise minière au monde. Une éventuelle fusion renforcerait considérablement la production de cuivre du nouvel ensemble, à un moment où les cours du métal rouge atteignent des niveaux historiques.
Enfin, Glencore a récemment fait état d’une nette progression de sa production de cuivre au second semestre, accompagnée d’une hausse significative de ses réserves, confirmant l’attractivité stratégique de ses actifs, notamment en République démocratique du Congo.
Pierre Kabakila




