À Washington, lors du 74ᵉ National Prayer Breakfast organisé jeudi 5 février 2026 dans la capitale américaine, le président des États-Unis, Donald Trump, a salué le président congolais Félix Tshisekedi en évoquant la signature d’un « accord minier historique » entre les États-Unis et la République démocratique du Congo. Il l’a présenté comme le plus important partenariat minier jamais conclu entre les deux continents.
Cet événement annuel, qui rassemble responsables politiques, diplomates et leaders religieux, a offert au dirigeant américain une tribune pour mettre en avant le renforcement des partenariats économiques avec l’Afrique, et particulièrement avec la RDC.
S’adressant directement au président congolais, présent dans l’assistance, Donald Trump a évoqué un chemin difficile parcouru conjointement.
« Je sais ce que vous avez traversé, je le connais très bien. C’était difficile pendant de nombreuses années. Rien n’est facile. Ensemble, lui et moi avons également signé le plus grand accord minier de l’histoire entre les États-Unis et l’Afrique », a-t-il déclaré.
Le président américain a également vanté les atouts naturels et économiques du Congo, évoquant « une terre magnifique » et saluant la dynamique actuelle du pays. Il a, dans la foulée, annoncé l’arrivée prochaine de grandes entreprises américaines dans le secteur minier congolais dans le cadre de cet accord.
Il a conclu son intervention par un message direct à l’endroit de son homologue congolais : « N’hésitez pas à m’appeler pour quoi que ce soit.»
Un accord inscrit dans la bataille mondiale pour les minerais stratégiques
Si les contours précis de l’accord n’ont pas encore été rendus publics, ce rapprochement s’inscrit dans un contexte de compétition accrue entre puissances économiques pour l’accès aux minerais critiques.
La RDC détient en effet plus de 70 % des réserves mondiales connues de cobalt et dispose d’importants gisements de cuivre, de coltan et de lithium, essentiels à l’industrie des batteries, des technologies numériques et de la transition énergétique.
Dans cette dynamique, Washington cherche à renforcer sa présence dans les chaînes d’approvisionnement africaines, notamment face à l’influence chinoise historiquement dominante dans plusieurs projets miniers en RDC, en particulier dans le Katanga et certaines zones de l’Ituri.
Plusieurs entreprises minières américaines pourraient être impliquées dans des projets d’extraction, de transformation ou de raffinage, ouvrant la voie à une présence industrielle plus structurée des États-Unis dans le secteur extractif congolais.
Des opportunités économiques… et des défis structurels
Pour la RDC, ce partenariat pourrait se traduire par des transferts de technologies, la création d’emplois locaux et une diversification des partenaires économiques, dans un secteur longtemps marqué par des contrats jugés déséquilibrés.
Donald Trump a insisté sur la dynamique déjà enclenchée :
« Nous avons signé le plus grand accord avec certaines de nos grandes entreprises, et elles s’y installent. »
Ce rapprochement pourrait également accélérer certains projets structurants, notamment le corridor de Lobito, destiné à relier les bassins miniers congolais aux ports angolais afin de faciliter les exportations vers les marchés occidentaux.
Cette évolution intervient dans un contexte favorable pour les métaux stratégiques, marqué notamment par la hausse des prix du cobalt et l’explosion de la demande mondiale en batteries pour véhicules électriques.
Toutefois, plusieurs défis majeurs restent posés, notamment en matière de gouvernance du secteur minier, de sécurité dans l’Est du pays et de respect des normes environnementales, sociales et de gouvernance (ESG).
Si ses promesses se concrétisent, cet accord pourrait constituer un tournant stratégique pour la RDC, en renforçant son positionnement comme acteur central de la transition énergétique mondiale.
Daniel Bawuna




