En marge de la 80ᵉ réunion du Conseil des ministres du vendredi 27 février 2026, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a fait de la protection de l’environnement un axe prioritaire de l’action gouvernementale, particulièrement dans les zones d’exploitation minière.
Selon le compte rendu lu à la télévision nationale par Augustin Kibassa Maliba, la pollution de l’air et des eaux ainsi que l’impact global des activités extractives sur les écosystèmes constituent désormais « l’une des préoccupations majeures » de l’exécutif.
Un secteur stratégique sous surveillance
Dans un pays où le secteur minier demeure le pilier de l’économie, l’équilibre entre croissance économique et protection des communautés riveraines devient une équation centrale. La dégradation des sols, la contamination des cours d’eau et les émissions industrielles nourrissent des inquiétudes croissantes tant au niveau local qu’international.
Ces dernières semaines, des missions gouvernementales ont été dépêchées dans les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga, épicentres de la production cuprifère et cobaltifère du pays. L’objectif affiché est d’évaluer l’ampleur des dégâts environnementaux et de vérifier le respect des engagements pris par les opérateurs miniers.
De la parole aux actes ?
Ces inspections traduisent une volonté de renforcer les mécanismes de contrôle des normes environnementales et de passer d’un cadre déclaratif à une application effective des textes.
Reste toutefois la question des sanctions et du suivi à long terme. Dans un contexte de pression internationale accrue sur les chaînes d’approvisionnement responsables, la crédibilité de la République démocratique du Congo est en jeu.
Pour Kinshasa, le défi est double : préserver l’attractivité d’un secteur stratégique pour les recettes publiques, tout en garantissant aux populations locales un environnement sain et durable. L’évolution de ce dossier pourrait ainsi redéfinir les standards de gouvernance environnementale dans l’industrie extractive congolaise.
Pierre Kabakila




