Une étude publiée en mars 2026 par Afrewatch en partenariat avec Fern met en évidence un paradoxe inquiétant : les minerais censés soutenir la transition énergétique mondiale participent, en réalité, à la dégradation des écosystèmes en République démocratique du Congo.
Au cœur de cette contradiction, le cobalt et le cuivre, extraits principalement dans le sud-est du pays. Indispensables à la fabrication des batteries électriques et aux technologies dites vertes, ces minerais sont devenus stratégiques dans la lutte contre le changement climatique. Pourtant, leur exploitation s’accompagne d’une déforestation massive des forêts de miombo. Selon l’étude, près de 874 000 hectares ont été perdus en l’espace de deux décennies.
Ce constat met en lumière une réalité souvent occultée dans les discours globaux sur la transition énergétique. Les efforts internationaux visant à réduire les émissions de CO₂ reposent en partie sur des chaînes d’approvisionnement qui accentuent les pressions environnementales dans des pays producteurs comme la RDC.
L’étude évoque ainsi une « transition contre-productive », où les gains climatiques à l’échelle mondiale dissimulent des coûts écologiques et sociaux considérables au niveau local.
Au-delà des chiffres, c’est tout le modèle de développement extractif qui est questionné. L’expansion minière, en plus de fragmenter les écosystèmes, favorise une pression accrue sur les ressources naturelles, contribuant à une dégradation progressive des paysages forestiers.
Face à ce paradoxe, Afrewatch appelle à une remise en question profonde des modèles de production et de consommation des minerais critiques. L’organisation plaide pour l’intégration d’exigences strictes en matière de durabilité, afin que la transition énergétique ne se fasse pas au détriment des territoires et des communautés qui en supportent le coût.
À travers cette alerte, c’est une question centrale qui est posée : la transition énergétique mondiale peut-elle réellement être durable si elle repose sur des pratiques extractives destructrices ? À chacun d’y répondre !
Pierre Kabakila




