Le territoire de Masisi, dans la province du Nord-Kivu, est une nouvelle fois frappé par un drame. Un éboulement survenu ce vendredi 28 mars 2026 sur le site minier de Gasasa, dans les périmètres de Rubaya, a coûté la vie à au moins neuf creuseurs artisanaux.
Selon des sources locales, l’accident s’est produit en pleine journée, au moment où les victimes s’apprêtaient à descendre dans les galeries pour extraire des minerais. Deux puits se sont soudainement effondrés, piégeant les travailleurs sous les décombres. Le bilan provisoire fait également état de douze blessés, dont plusieurs dans un état critique.
Faute de moyens adaptés, les opérations de secours ont été menées de manière artisanale. Malgré ces conditions précaires, plusieurs survivants ont pu être extraits des décombres, tandis que d’autres n’ont pas survécu à leurs blessures.
Ce nouvel accident met en lumière, une fois de plus, la dangerosité extrême des conditions de travail dans les sites miniers artisanaux de Rubaya. L’absence d’équipements adéquats et le non-respect des normes élémentaires de sécurité exposent quotidiennement les creuseurs à des risques mortels.
Mais au-delà des défaillances techniques, c’est le contexte sécuritaire qui suscite de vives inquiétudes. Depuis la présence de la coalition AFC-M23 et de l’armée rwandaise dans ces zones minières, l’exploitation s’effectue dans une quasi-anarchie. Le non-respect des règles encadrant le secteur extractif favoriserait la multiplication de catastrophes humaines.
Le drame de Gasasa s’inscrit ainsi dans une série d’accidents meurtriers. Selon des sources concordantes, plus de 1 000 personnes auraient déjà perdu la vie dans des éboulements survenus dans la région depuis la prise de contrôle de Rubaya par les groupes armés, des tragédies souvent passées sous silence.
Au-delà du bilan humain, cette nouvelle catastrophe relance le débat sur la gestion des ressources naturelles dans les zones de conflit. Dans ces territoires, l’exploitation minière semble répondre davantage à une logique de profit immédiat qu’à des exigences de sécurité et de protection des populations.
Azarias Mokonzi




