Dans un contexte de conflits armés persistants, des orphelins de militaires sont massivement exploités dans les zones minières de Beni et Lubero, au Nord-Kivu. L’alerte a été lancée ce mardi 6 janvier 2026 par l’Association des Enfants des Soldats au Front pour la Paix, à l’occasion de la Journée internationale des orphelins de guerre.
Selon Serge Diwela, coordonnateur de cette organisation, ces enfants paient le prix fort de l’abandon institutionnel. Privés d’encadrement et de prise en charge par l’État, ils sombrent dans une précarité extrême, qui les pousse vers la mendicité et, pour beaucoup, vers l’exploitation dans les sites miniers artisanaux.
Une exploitation systématique dans les carrés miniers
Dans les carrés miniers, ces orphelins sont utilisés comme main-d’œuvre pour l’extraction des minerais, en violation flagrante de la législation congolaise interdisant le travail des enfants dans le secteur minier.
« Ces enfants n’ont pas conscience de la portée de leurs actes. Des adultes profitent de leur ignorance pour détruire leur avenir, au mépris total de la loi », déplore Serge Diwela.
Le tableau est encore plus sombre pour ceux qui ne travaillent pas directement dans l’extraction. Certains sont enrôlés par des groupes armés et utilisés comme supplétifs pour assurer la sécurité des sites miniers, transformant ces zones en véritables pièges pour une jeunesse déjà meurtrie par la guerre.
« Nous ne comprenons plus rien du tout », s’indigne le coordonnateur de l’association.
Le sacrifice des parents, l’abandon des enfants
L’organisation dénonce avec vigueur ce qu’elle qualifie de trahison morale de l’État, soulignant le paradoxe cruel entre le sacrifice consenti par les militaires tombés au front et l’abandon de leurs enfants.
Pour Serge Diwela, l’avenir de ces orphelins est sacrifié malgré le sang versé par leurs parents pour défendre l’intégrité territoriale de la République. Il en appelle à la responsabilité des autorités : « Il est temps d’agir pour ces enfants. La fierté de leurs parents, même dans l’au-delà, serait de voir leur progéniture bénéficier de l’encadrement de l’État afin de servir la nation à leur tour demain. »
Tout compte fait, l’exploitation des enfants dans les zones minières, souvent sous l’emprise de groupes armés, demeure un fléau récurrent dans l’Est de la République démocratique du Congo. Malgré l’abondance de rapports d’ONG nationales et internationales, l’État peine encore à rétablir l’ordre dans ce secteur stratégique et à protéger l’avenir de milliers d’orphelins de guerre, pris au piège entre la misère, la violence et l’exploitation.
Azarias Mokonzi




