Le rapprochement tant spéculé entre Rio Tinto et Glencore n’aura finalement pas lieu. Dans un communiqué publié ce jeudi, le groupe anglo-australien Rio Tinto a officiellement confirmé qu’il n’envisage plus aucune fusion ni opération de regroupement avec le négociant et producteur minier Glencore, estimant qu’aucun accord ne permettrait de créer une valeur suffisante pour ses actionnaires.
Cette décision met fin à plusieurs semaines de rumeurs et de discussions exploratoires entre les deux poids lourds du secteur minier mondial.
Rio Tinto explique avoir évalué l’opportunité d’une fusion à l’aune de la stratégie présentée lors de sa Journée des marchés des capitaux en décembre 2025, privilégiant la création de valeur durable et des rendements actionnarials de premier plan. Le groupe estime qu’une combinaison avec Glencore ne répondait pas à ces critères.
Conformément à la règle 2.8 du Code britannique des prises de contrôle et des fusions, Rio Tinto est désormais juridiquement lié par une déclaration d’absence d’intention d’offre sur Glencore, sauf circonstances exceptionnelles prévues par le Code, notamment l’intervention d’un tiers ou un changement significatif de contexte.
Glencore rejette une offre jugée déséquilibrée
De son côté, le conseil d’administration de Glencore a confirmé que les discussions n’avaient pas abouti, dénonçant des termes qu’il jugeait défavorables. Selon Glencore, le projet de fusion envisagé aurait permis à Rio Tinto de conserver à la fois la présidence et la direction générale du groupe combiné, tout en proposant une répartition du capital qui sous-évaluait fortement la contribution réelle de Glencore, notamment sans intégrer une prime de contrôle adéquate.
« L’acquisition proposée à ces conditions n’était pas dans l’intérêt de nos actionnaires », souligne Glencore, qui estime que la valeur de ses actifs, en particulier dans le cuivre, n’était pas correctement reflétée.
Le cuivre, au cœur des divergences
Le groupe helvético-britannique met en avant la solidité de son cas d’investissement autonome, insistant sur la qualité de son portefeuille d’actifs et sur la montée en puissance de son pipeline de projets cuprifères. Glencore ambitionne de passer, au cours de la prochaine décennie, du statut de producteur majeur à celui de l’un des plus grands producteurs mondiaux de cuivre, un métal clé de la transition énergétique.
Cette position intervient alors que Glencore fait face à une pression sur sa production de cuivre, en recul en 2025, un contexte qui avait ravivé les spéculations autour d’un rapprochement avec Rio Tinto. À lire
https://mines.cd/glencore-sous-pression-la-production-de-cuivre-recule-en-2025-les-regards-tournes-vers-rio-tinto/
Deux stratégies désormais assumées
Malgré l’échec des discussions, Glencore se dit confiant dans sa trajectoire. Le groupe met en avant la diversification de ses activités, la performance de sa franchise de trading et l’optimisation de ses structures opérationnelles, qui lui ont permis d’atteindre, pour la deuxième année consécutive, ses objectifs de production.
Pour 2026, Glencore affirme rester concentré sur l’exécution de ses priorités stratégiques, la réduction des risques et la croissance organique, avec pour objectif central la création de valeur à long terme pour ses actionnaires.
L’abandon du projet de fusion confirme ainsi une réalité du secteur : dans un contexte de transition énergétique et de forte concurrence pour les métaux critiques, les grands groupes miniers privilégient désormais des stratégies disciplinées et ciblées, plutôt que des méga-fusions aux équilibres complexes.
Pierre Kabakila




