La production de cuivre de Glencore a nettement reculé en 2025, sur fond de difficultés opérationnelles et d’une attention accrue des marchés autour d’une éventuelle prise de contrôle par son rival Rio Tinto. Le groupe anglo-suisse a enregistré une baisse annuelle de 11 %, avec une production limitée à 851 600 tonnes, soit le bas de la fourchette annoncée par la société.
Cette contre-performance s’explique principalement par la dégradation de la qualité des minerais et par des contraintes techniques affectant plusieurs sites de production.
Malgré ce repli sur l’ensemble de l’exercice, Glencore est parvenu à redresser partiellement la situation en fin d’année. Au quatrième trimestre, la production de cuivre a progressé de 12 % par rapport au trimestre précédent, atteignant 268 000 tonnes, un niveau conforme aux attentes des analystes, selon BMO Capital Markets.
Si le cuivre a déçu en 2025, la production de zinc et de nickel s’est globalement alignée sur les prévisions du marché. En revanche, le charbon métallurgique a affiché un volume inférieur de 6 % aux estimations de BMO. À l’inverse, le charbon thermique a créé la surprise en dépassant les prévisions de 7 %.
Pour 2026, Glencore anticipe une production de cuivre comprise entre 810 000 et 870 000 tonnes. Cette projection, conforme aux orientations publiées en décembre, tient compte des difficultés persistantes à la mine de Collahuasi, au Chili, dont le groupe est copropriétaire avec Anglo American. La baisse des teneurs en minerai et les contraintes d’approvisionnement en eau pèsent sur les perspectives, ramenant le point médian bien en deçà d’une estimation antérieure qui atteignait 930 000 tonnes.
Par ailleurs, Glencore a maintenu l’essentiel de ses objectifs de production pour l’année à venir, tout en retirant ses prévisions concernant le cobalt, invoquant l’incertitude liée aux quotas d’exportation en République démocratique du Congo.
Cette annonce intervient alors que les prix du cuivre évoluent à des niveaux historiquement élevés. Les marchés anticipent un resserrement de l’offre mondiale, alimenté par la transition énergétique, le développement de l’intelligence artificielle et la hausse des dépenses militaires.
Dans ce contexte, Glencore affiche une ambition de long terme : porter sa production annuelle de cuivre à environ 1,6 million de tonnes d’ici 2035, grâce au développement de nouveaux projets et à la relance de certaines mines existantes.
Cette trajectoire pourrait toutefois être remise en question par les discussions en cours autour d’une éventuelle offre publique d’achat de Rio Tinto. Une telle opération, attendue par certains investisseurs dès début février, donnerait naissance à un géant minier valorisé à plus de 200 milliards de dollars.
Selon RBC Capital Markets, la principale motivation de Rio Tinto serait l’intégration des actifs cuprifères de Glencore à son propre portefeuille. Dans une analyse récente, l’analyste Ben Davis souligne que la forte remontée des prix du cuivre a ravivé l’intérêt pour une fusion longtemps jugée improbable.
Il met notamment en avant la participation de 44 % de Glencore dans la mine de Collahuasi, considérée comme un actif stratégique majeur. À l’inverse, la capacité de Rio Tinto à générer une croissance organique significative au-delà de ses grands projets actuels apparaît plus limitée, certains projets cuprifères restant de taille modeste, encore en développement ou entravés par des litiges juridiques.
Longtemps surnommé « Dr Cuivre » pour sa capacité à refléter la santé de l’économie mondiale, le métal rouge s’impose désormais comme un pilier central de la rentabilité minière. Selon Bloomberg Intelligence, le cuivre pourrait représenter plus de 35 % de l’Ebitda des grands groupes miniers diversifiés dès 2026, contre un peu plus de 20 % huit ans plus tôt, une évolution largement portée par la flambée des prix.
Pierre Kabakila




