L’organisation de défense des droits humains JUSTICIA ASBL tire la sonnette d’alarme après des affrontements violents survenus dans la cité de Kakanda, dans la province du Haut-Katanga. Les incidents, qui se sont déroulés les 4 et 5 mars 2026, ont opposé des militaires à des creuseurs artisanaux impliqués dans l’exploitation illégale de minerais.
Selon cette organisation, qui assure également la facilitation du Groupe de travail sur les Principes volontaires sur la sécurité et les droits de l’homme, ces affrontements ont plongé la cité minière dans une situation de forte tension.
Un bilan humain et matériel préoccupant
D’après le président de JUSTICIA ASBL Maître Timothée Mbuya, le bilan provisoire fait état de deux morts — un homme et une femme — et de trois blessés graves par balles.
Les violences se seraient produites à proximité de la concession de la société minière Boss Mining, où plusieurs creuseurs artisanaux opèrent illégalement.
« Ces deux derniers jours, des incidents tragiques impliquant des militaires et des creuseurs illégaux se sont déroulés à Kakanda, non loin de la concession de Boss Mining. Ces affrontements seraient liés à un pillage instauré illégalement par des militaires autour d’un camion transportant des minerais pillés de la concession de Boss Mining », a déclaré l’organisation.
Des infrastructures publiques et privées prises pour cible
Au-delà des pertes humaines, les violences ont provoqué d’importants dégâts matériels. Selon l’organisation, le poste de police et le bureau administratif de Kakanda ont été attaqués et saccagés.
Deux camions transportant des minerais ont également été incendiés, tandis que plusieurs commerces locaux ont été pillés au cours des émeutes.
Ces événements illustrent, selon les défenseurs des droits humains, la porosité persistante entre certains éléments des forces de sécurité et les circuits d’exploitation illicite des minerais dans la région.
Appel au respect des droits humains
JUSTICIA ASBL déplore que les populations civiles soient, une fois de plus, les premières victimes de ce climat d’insécurité autour des sites miniers.
L’organisation appelle les autorités à rétablir l’ordre et à faire respecter la légalité, tout en veillant à l’application stricte des Principes volontaires sur la sécurité et les droits de l’homme, afin que la sécurisation des sites miniers ne se fasse plus au détriment des droits fondamentaux des citoyens.
Azarias Mokonzi




