Dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, l’essor de l’exploitation aurifère par plusieurs sociétés chinoises suscite une vive inquiétude au sein des communautés locales. Cinq ans après leur installation, le bilan dressé par la société civile apparaît préoccupant, entre dégradation de l’environnement, marginalisation des populations et affaiblissement de l’économie agricole.
Selon Rams Malikidogo, acteur de la société civile, l’activité minière s’étend désormais à des zones stratégiques telles que Muchacha, Mbembese, Etabe et Mingazi. Une progression qui, loin de profiter aux habitants, se fait au détriment des terres agricoles. « Ces sociétés détruisent les champs et les cultures de la population », déplore-t-il, pointant une menace directe sur la sécurité alimentaire dans cette région où l’agriculture constitue la principale source de subsistance.
Au fil des années, l’exploitation de l’or, censée apporter développement et emplois, s’apparente de plus en plus à un marché déséquilibré. Les retombées sociales tardent à se concrétiser, tandis que les conditions de vie des populations locales se détériorent progressivement.
Le mode opératoire des entreprises minières est particulièrement mis en cause. Fortement mécanisées, ces exploitations recourent peu à la main-d’œuvre locale, laissant de nombreux jeunes sans emploi. « Les machines remplacent les travailleurs, et la jeunesse reste en marge », résume Rams Malikidogo, évoquant un sentiment croissant de frustration au sein des communautés.
Face à cette situation, la société civile ne réclame pas l’arrêt des activités minières, mais appelle à une régulation plus stricte du secteur. L’enjeu est d’assurer une meilleure redistribution des richesses, au profit des populations locales, tout en garantissant que les revenus issus de l’exploitation contribuent réellement aux finances publiques de la République démocratique du Congo.
Pour les habitants de Mambasa, il devient urgent de repenser le modèle actuel afin de passer d’une logique d’exploitation jugée prédatrice à un véritable partenariat de développement durable, conciliant activité minière, protection de l’environnement et survie de l’agriculture.
Azarias Mokonzi




