Le complexe minier de Kamoa-Kakula, en République démocratique du Congo, vient de franchir une étape stratégique dans sa montée en puissance industrielle. Ivanhoe Mines a annoncé le démarrage effectif de la production d’anodes de cuivre au sein de sa nouvelle fonderie intégrée, marquant l’entrée du projet dans une nouvelle phase de valorisation locale du minerai.
La première coulée d’anodes a été réalisée le 29 décembre 2025, seulement quelques semaines après le lancement du processus de chauffe de l’installation et quelques jours après l’introduction du premier concentré. Dotée d’une capacité annuelle stabilisée de 500 000 tonnes, la fonderie de Kamoa-Kakula est appelée à devenir, à pleine charge, la plus grande d’Afrique.
Un tournant stratégique pour la chaîne de valeur du cuivre
Pour Robert Friedland, fondateur et coprésident exécutif d’Ivanhoe Mines, cette mise en production constitue un tournant majeur pour le projet et pour la RDC. La fonderie positionne le pays comme un acteur clé de la chaîne de valeur mondiale du cuivre, grâce à la production d’anodes de très haute pureté, conformes aux standards internationaux les plus exigeants, tant en matière de performance industrielle que de durabilité environnementale.
Après cette première étape, Ivanhoe Mines prévoit une montée en régime progressive de l’installation afin d’atteindre sa capacité nominale d’ici la fin de l’année 2026.
Perspectives de production et articulation industrielle
La fonderie vise une production d’anodes affichant une pureté de 99,7 %, alimentée principalement par les concentrateurs des phases 1, 2 et 3 du complexe minier.
Pour l’année 2026, la production globale de cuivre de Kamoa-Kakula est projetée entre 380 000 et 420 000 tonnes, soit environ 80 % de la capacité totale de la fonderie.
Les volumes excédentaires de concentré continueront, le cas échéant, à être traités à la fonderie de Lualaba, près de Kolwezi, dans le cadre d’accords de traitement à façon, garantissant la continuité des flux commerciaux.
Gestion des stocks et opportunités commerciales
Avant l’entrée en service de la fonderie, Kamoa-Kakula disposait d’un stock d’environ 37 000 tonnes de cuivre contenu dans les concentrés. Avec la montée en puissance de l’installation, cet inventaire devrait être progressivement réduit pour atteindre près de 17 000 tonnes en 2026.
Cette configuration permettra à l’entreprise de réaliser des ventes supérieures à sa production annuelle, notamment durant le premier semestre 2026, grâce à l’écoulement des stocks existants.
Reprise minière après les inondations souterraines
Parallèlement à ces avancées industrielles, Ivanhoe Mines a annoncé l’achèvement de la deuxième phase de déshydratation de la mine souterraine de Kakula, affectée par des inondations consécutives à un séisme survenu en mai 2025. Les travaux ont permis une reprise progressive de l’exploitation dans les zones concernées dès la fin décembre, en avance sur le calendrier initial.
La troisième phase, actuellement en cours, vise la remise en service complète des infrastructures de pompage destinées aux opérations de routine. Selon l’entreprise, ces travaux devraient se poursuivre jusqu’au deuxième trimestre 2026, sans impact sur la continuité des activités minières.
Un projet cuprifère de classe mondiale
Avec ces avancées simultanées sur les plans industriel, opérationnel et commercial, Kamoa-Kakula consolide un peu plus son statut de projet cuprifère de classe mondiale, tout en renforçant la transformation locale des ressources minières en République démocratique du Congo — un enjeu stratégique majeur pour l’industrialisation et la création de valeur ajoutée nationale.
Pierre Kabakila




