Alors que la République démocratique du Congo consolide sa position de fournisseur incontournable de minerais critiques dans le contexte de la transition énergétique mondiale, un actif minier historique confirme son retour au premier plan : Kipushi Corporation.
Développée en coentreprise entre Ivanhoe Mines et la société publique congolaise Gécamines, Kipushi incarne un modèle de réhabilitation d’actif minier à haute valeur stratégique.
Après plusieurs décennies d’interruption, la mine de Kipushi a enregistré en 2025 une performance majeure avec 203 168 tonnes de zinc en concentré produites, dont un record mensuel de 22 629 tonnes en décembre. Ces chiffres consacrent la montée en puissance opérationnelle d’un des gisements de zinc les plus riches au monde.
Dans un marché où l’offre de zinc reste sous pression et où la sécurisation des chaînes d’approvisionnement devient un enjeu géopolitique majeur, cette performance confère à la RDC un levier supplémentaire de diversification minérale.

Si le cobalt et le cuivre dominent souvent la narration minière congolaise, le zinc occupe une place essentielle dans la galvanisation des infrastructures, les équipements liés aux énergies renouvelables, les réseaux électriques et les solutions de stockage et de transport.
Kipushi élargit ainsi le spectre stratégique du pays au-delà des métaux pour batteries, contribuant à une diversification essentielle pour la résilience économique nationale.
Localement, selon Monsieur Gaetan LUABEYA, Directeur Général Adjoint, « la relance de Kipushi génère des effets d’entraînement significatifs dans le Haut-Katanga, à savoir, l’augmentation des recettes fiscales et parafiscales, la création d’emplois directs et indirects, le développement de la sous-traitance locale et la stimulation du tissu logistique et commercial régional ».
En international, la renaissance de Kipushi intervient à un moment où les économies industrialisées cherchent à sécuriser des sources d’approvisionnement fiables et responsables. La réussite du redéploiement de la mine envoie plusieurs signaux selon Olivier Binyingo, Président du Conseil de Surveillance de KiCo : « la RDC montre qu’elle peut réhabiliter efficacement des actifs miniers majeurs ; que les partenariats entre investisseurs internationaux et entreprises publiques peuvent produire des résultats structurants et que la modernisation du secteur extractif congolais est en cours ». A l’en croire, Kipushi devient ainsi un symbole de la « nouvelle phase de maturité du secteur minier congolais ».

Si les projections pour 2026, qui tablent sur une production encore supérieure se confirment, Kipushi pourrait s’imposer comme l’une des références majeures du zinc africain pour la décennie à venir.
Au-delà des performances industrielles, Kipushi Corporation a structuré une stratégie d’engagement communautaire intégrée à son modèle opérationnel. Les initiatives mises en œuvre incluent la réhabilitation et l’appui aux infrastructures scolaires, le soutien aux structures sanitaires locales, des programmes de formation technique et de renforcement des compétences, l’amélioration de l’accès à l’eau potable ainsi que la promotion de l’emploi local et du contenu local dans la sous-traitance.
De plus, le cahier des charges de Kipushi Corporation intègre des axes prioritaires pour le développement local, notamment la santé, l’éducation, l’agriculture et l’accès à l’eau potable. Ce dernier point constitue le pilier central de l’intervention communautaire de l’entreprise. Actuellement, la société assure une distribution gratuite de près d’un million de litres d’eau par heure au profit de la population de Kipushi.

Face à l’expansion urbaine croissante de la ville, KICO a intensifié ses efforts en lançant un programme ambitieux de renforcement des infrastructures hydrauliques. Ce projet prévoit le forage et l’installation de 50 nouveaux puits d’eau, visant à garantir une couverture adéquate et durable pour l’ensemble des résidents.
Par ailleurs, la politique de localisation de la main-d’œuvre constitue un axe central, contribuant à l’ancrage socio-économique du projet dans son environnement immédiat.
« Nous donnons les mêmes chances, les mêmes opportunités à tout le monde, quel que soit le genre, qu’il s’agisse de la gent féminine ou masculine. Nous avons un programme de renforcement des capacités des nationaux, et à ce jour, chez KiCo, le personnel est composé de 90% de nationaux et 10% d’expats », c’est ce qu’affirme Stone SALUMU, Directeur des Ressources Humaines de KiCo. « Et ce programme », poursuit-il, « a pour objectif de permettre de passer de 90% à 98% pour avoir une mine qui est entièrement gérée par des nationaux ».
Kipushi Corporation illustre ainsi la capacité de la RDC à conjuguer modernisation technologique, impact économique régional et engagement communautaire, dans une dynamique appelée à redessiner la cartographie mondiale des métaux stratégiques.




