Le marché du cuivre connaît un regain spectaculaire. Le métal rouge a enregistré, mardi, sa plus forte progression journalière depuis novembre 2022, porté par le retour marqué de l’appétit des investisseurs pour les matières premières et par des anticipations optimistes concernant la demande chinoise.
À la Bourse des métaux de Londres (LME), les contrats à terme sur le cuivre ont bondi de 4,6 %, s’échangeant au-delà de 13 420 dollars la tonne. Cette envolée s’inscrit dans un mouvement plus large de reprise des marchés des métaux, tant industriels que précieux. L’or et l’argent ont également rebondi mercredi, après avoir subi une correction notable en début de semaine sous l’effet du renforcement du dollar américain.
Depuis le début de l’année, le cuivre affiche une hausse d’environ 8 %. La semaine dernière, son prix a même atteint un record historique dépassant les 14 500 dollars la tonne. Cette dynamique haussière est soutenue par plusieurs facteurs, notamment la perspective de mesures gouvernementales visant à sécuriser les approvisionnements en métaux stratégiques, ainsi que par l’optimisme croissant des marchés quant à l’évolution de la demande mondiale, en particulier en provenance de la Chine.
Un signal fort est venu de Pékin mardi, lorsqu’un groupe industriel soutenu par l’État chinois a appelé les autorités à renforcer les réserves stratégiques de cuivre et à encourager la reprise des achats par les industriels locaux. Dans le même temps, l’Association chinoise de l’industrie des métaux non ferreux anticipe une augmentation d’environ 5 % de la production nationale de cuivre raffiné cette année, après une croissance de 10 % enregistrée en 2025.
Les fonderies chinoises, qui ont assuré près de 47 % de la production mondiale de métaux raffinés l’an dernier, continuent de faire preuve de résilience malgré la chute des coûts de traitement, conséquence de l’expansion rapide des capacités industrielles. Selon les analystes, aucune réduction majeure de la production n’est attendue de leur part, confirmant la solidité du secteur en Chine.
D’après une enquête du cabinet de conseil Mysteel Global, les volumes quotidiens d’échanges au comptant de cuivre raffiné en Chine ont atteint 28 900 tonnes mardi. Bien qu’en recul de 24 % par rapport au sommet de trois mois atteint la veille, ce niveau demeure élevé au regard des tendances observées depuis novembre.
Par ailleurs, l’actualité du secteur minier renforce l’intérêt stratégique croissant autour du cuivre. Glencore Plc a récemment conclu un accord portant sur la cession de 40 % de ses participations dans deux entreprises africaines de cuivre à un investisseur soutenu par le gouvernement américain. Dans cette dynamique, Orion CMC — une entité pilotée par Orion Resource Partners et appuyée notamment par l’US International Development Finance Corp. — a signé un protocole d’accord pour acquérir des participations dans des mines de cuivre et de cobalt en République démocratique du Congo, alors que Washington cherche à renforcer son positionnement sur les minéraux critiques.
Mercredi, le cuivre a toutefois légèrement corrigé, cédant 0,4 % à 13 421,50 dollars la tonne sur le London Metal Exchange à 10h38 (heure de Shanghai), tandis que les autres métaux affichaient des performances contrastées, le nickel évoluant en hausse.
Pierre Kabakila




