Lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies tenue à New York le 5 mars 2026, la secrétaire générale adjointe aux affaires politiques de l’Organisation des Nations unies, Rosemary DiCarlo, a mis en lumière l’importance stratégique croissante des minéraux critiques dans l’économie mondiale.
Selon elle, ces ressources — notamment le lithium, le cobalt et le nickel — sont devenues indispensables au fonctionnement des technologies modernes, qu’il s’agisse des smartphones, des véhicules électriques ou encore des équipements médicaux de pointe.
D’après les estimations présentées au Conseil, le commerce mondial des minéraux bruts et semi-transformés a atteint environ 2 500 milliards de dollars en 2023, soit plus de 10 % du commerce mondial. La demande devrait encore progresser fortement dans les prochaines décennies, avec un possible triplement d’ici 2030.
Pour l’ONU, cette dynamique représente une opportunité majeure en matière de création d’emplois et de développement économique. Elle accentue toutefois les rivalités géopolitiques et les tensions autour du contrôle des chaînes d’approvisionnement stratégiques.
La RDC au cœur des enjeux mondiaux
La responsable onusienne a également attiré l’attention sur la situation dans plusieurs pays riches en ressources naturelles, notamment la République démocratique du Congo, qui assure plus de 70 % de la production mondiale de cobalt.
Dans certaines régions affectées par les conflits armés, l’exploitation minière illégale continue d’alimenter l’instabilité. Selon les informations évoquées lors de la réunion, dans l’est du pays, la coalition AFC/M23 tirerait plus d’un million de dollars par mois de l’exploitation et de la contrebande de minerais.
Ces revenus constitueraient une source importante de financement pour les groupes armés opérant dans cette zone, aggravant ainsi l’insécurité dans les provinces minières.
Vers une gouvernance mondiale renforcée
Face à ces risques, les Nations unies appellent à un renforcement de la gouvernance des ressources naturelles à l’échelle mondiale.
L’organisation insiste notamment sur la nécessité : d’améliorer la traçabilité des minerais ; de promouvoir des accords miniers plus équitables ; ainsi que de renforcer la coopération internationale entre pays producteurs et consommateurs.
L’objectif est de bâtir des chaînes d’approvisionnement transparentes, responsables et durables, capables de soutenir à la fois la transition énergétique mondiale et la stabilité des régions productrices.
Pour l’ONU, une gestion plus rigoureuse des minéraux critiques pourrait transformer ces ressources stratégiques en leviers de paix et de développement, plutôt qu’en facteurs de conflit.
Pierre Kabakila




