La République démocratique du Congo (RDC) se trouve à un moment diplomatique décisif avec la vente de Chemaf, un actif minier en difficulté, qui pourrait devenir un symbole majeur de la nouvelle stratégie américaine visant à réduire la dépendance mondiale à la Chine dans le domaine des minéraux critiques.
Ce processus de vente, engagé depuis plusieurs années, pourrait connaître son épilogue dès mardi, à l’issue d’une réunion ministérielle consacrée aux minéraux critiques prévue à Washington. Le ministre congolais des Mines, Louis Watum Kabamba, a indiqué que la décision devrait intervenir « dans les prochains jours », soulignant que la RDC « doit aller vite pour finaliser ce dossier ».
Selon des informations rapportées par le Financial Times, les États-Unis exercent une pression en faveur d’une cession de Chemaf à un consortium conduit par Virtus Resources, un groupe fondé par d’anciens responsables américains issus des milieux de la sécurité et du renseignement. Ce consortium comprend également le fonds spéculatif américain Orion ainsi que le conglomérat indien Lloyds Metals.
Toutefois, l’opération demeure complexe. Plusieurs acteurs disposent d’un droit de veto sur toute transaction, notamment les propriétaires de Chemaf, la famille Virji, le gouvernement congolais, ainsi que le négociant en matières premières Trafigura, créancier clé du projet.
À Washington, l’offre portée par Virtus est perçue comme une transaction à forte portée symbolique, susceptible de consolider l’accord sur les minéraux critiques signé en décembre entre la RDC et les États-Unis. Pour l’administration américaine, il s’agit d’un investissement phare destiné à matérialiser l’engagement du secteur privé américain dans la région.
Pour la RDC, la vente de Chemaf constitue un enjeu stratégique majeur. Le pays cherche à attirer des investissements étrangers capables de soutenir le développement de son secteur minier, tout en rééquilibrant ses partenariats internationaux. Mais cette opération représente également un test grandeur nature de la nouvelle politique américaine en matière de minéraux critiques, pensée comme un levier pour limiter l’influence chinoise sur les chaînes d’approvisionnement mondiales.
La décision attendue dans les prochains jours sera donc scrutée de près, tant par les acteurs miniers que par les partenaires diplomatiques, en raison de ses implications économiques, géopolitiques et stratégiques.
Pierre Kabakila




