En marge de la 32ᵉ édition de l’African Mining Indaba, qui se tient du 9 au 12 février 2026 à Cape Town, en Afrique du Sud, l’Observatoire d’Études et d’Appui à la Responsabilité Sociale et Environnementale (OERSE) a exhorté le gouvernement congolais à garantir une structuration stratégique, participative et transparente du projet du Corridor de Lobito.
Pour cette organisation engagée dans la promotion des droits économiques et de la gouvernance responsable en République démocratique du Congo (RDC), l’enjeu dépasse la simple mise en place d’une infrastructure logistique. Il s’agit, selon elle, d’utiliser ce projet comme levier de transformation du modèle extractif national, plutôt que de le consolider.
Ce plaidoyer intervient dans un contexte international marqué par la compétition autour de la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques, où le Corridor de Lobito apparaît comme un atout géostratégique majeur pour la RDC et la région.
Des interrogations persistantes sur la gouvernance et le partage des retombées
L’OERSE met en avant plusieurs préoccupations liées à la place réelle de la RDC dans la gouvernance du projet, sa structuration opérationnelle ainsi que la répartition des bénéfices attendus.
Dans son communiqué, l’organisation pointe notamment : le faible niveau de transparence autour des accords conclus ; l’absence d’un débat public inclusif au niveau national ; le manque d’une vision stratégique nationale consolidée.
Face à ces constats, l’organisation appelle les autorités congolaises à garantir une gouvernance fondée sur la transparence et la participation, afin que le Corridor contribue à une transformation structurelle de l’économie minière congolaise.
Des attentes précises vis-à-vis des autorités congolaises
L’OERSE recommande notamment :
- la définition d’une vision nationale participative autour du projet ;
- l’instauration d’une fiscalité équitable et optimisée entre les parties prenantes ;
- l’application effective des obligations de transformation locale des minerais ;
- la protection de l’environnement ;
- la mise en place de mécanismes garantissant des bénéfices directs et mesurables pour les communautés locales ;
- le repositionnement stratégique et opérationnel de la SNCC afin d’éviter sa marginalisation.
Au-delà du rail : vers un projet structurant pour l’économie nationale
L’organisation insiste également sur la nécessité de concevoir le Corridor de Lobito comme un projet de développement intégré, et non comme une simple infrastructure d’exportation.
Elle recommande ainsi l’intégration de secteurs structurants tels que :
- l’énergie, comme moteur du développement industriel ;
- la création de zones industrielles ;
- le renforcement du capital humain via des programmes de formation technique ;
- la formalisation de l’exploitation artisanale afin d’éviter sa marginalisation ;
- l’accès des PME locales aux opportunités économiques générées par le projet.
Un appel à des garanties concrètes
Enfin, l’OERSE appelle le gouvernement congolais et ses partenaires techniques et financiers à clarifier les règles de gouvernance, les modalités contractuelles et les mécanismes de partage des bénéfices.
L’organisation insiste également sur la nécessité d’instaurer des garanties concrètes pour prévenir les risques d’accaparement foncier et de dégradation environnementale, afin que le projet soit socialement inclusif.
Un tournant stratégique pour la RDC
À travers cette interpellation, l’OERSE estime que la RDC fait face à une opportunité historique. Pour l’organisation, le pays doit profiter de la dynamique du Mining Indaba pour imposer une gouvernance exemplaire.
À défaut, prévient-elle, le Corridor de Lobito pourrait prolonger les déséquilibres structurels existants, au lieu d’ouvrir la voie à un développement réellement inclusif et durable.
Daniel Bawuna




