À l’issue de sa participation à Investing in African Mining Indaba 2026, organisé à Cape Town, Jimmy Munguriek Ufoy, Directeur pays de Resource Matters en République démocratique du Congo, a dressé un tableau lucide des enjeux et des perspectives du secteur minier congolais et africain, insistant sur la nécessité d’une transformation structurelle pour que les ressources naturelles profitent réellement aux populations.
Une stratégie nationale sur les minéraux critiques devenue incontournable
Dans le contexte de la transition énergétique mondiale, Resource Matters plaide pour l’élaboration d’une stratégie nationale claire sur la gestion des minéraux stratégiques.
« Dans une perspective d’une chaîne d’approvisionnement régionale en Afrique, une stratégie nationale de gestion des minéraux de la transition énergétique de la RDC est plus qu’une nécessité », a déclaré Jimmy Munguriek Ufoy.
Selon lui, l’avenir du secteur minier africain dépendra de la capacité des États à structurer leurs politiques industrielles et à favoriser la transformation locale des ressources.
Des obstacles structurels qui freinent la performance du secteur
Le responsable de Resource Matters a rappelé que plusieurs contraintes continuent de peser sur la performance du secteur minier congolais.
« Il y a beaucoup de défis à relever dans le secteur minier de la RDC », a-t-il souligné, citant notamment « le déficit énergétique ».
Face à cette réalité, l’organisation estime qu’un dialogue sincère entre les pouvoirs publics et les opérateurs privés est indispensable pour améliorer la gouvernance du secteur.
La transformation locale, clé d’un bénéfice réel pour les économies africaines
Au cœur du plaidoyer de Resource Matters figure la transformation locale des minerais, considérée comme le principal levier d’industrialisation.
« On ne peut pas avoir un bénéfice maximum si les minerais ne sont pas transformés au niveau du pays », a insisté Jimmy Munguriek Ufoy.
L’ONG recommande notamment l’adoption de mesures strictes visant à limiter l’exportation de minerais bruts et à accélérer le développement d’industries locales de transformation, tout en investissant massivement dans les infrastructures énergétiques.
Coopération régionale et partenariats équilibrés : une exigence stratégique
Pour Resource Matters, le développement du secteur minier africain passe aussi par une coopération régionale renforcée.
« Aujourd’hui, un pays ne peut pas se développer sans une coopération régionale », a affirmé le responsable, appelant à des partenariats internationaux qui profitent réellement aux pays africains et non à des accords où « le Congo reste toujours derrière ».
L’organisation estime que la captation d’une part significative de la chaîne de valeur mondiale nécessite une intégration économique africaine plus forte.
L’énergie, prochain chantier prioritaire
Enfin, Resource Matters annonce vouloir approfondir ses analyses sur le déficit énergétique en RDC, considéré comme un frein majeur à l’industrialisation du secteur minier.
« Nous allons produire des réflexions approfondies sur le déficit énergétique parce que c’est un défi majeur dans le secteur minier en RDC », a précisé Jimmy Munguriek Ufoy.
À travers ses travaux, l’organisation ambitionne de contribuer à un modèle où l’exploitation minière garantit le bien-être des communautés locales et soutient durablement le développement économique du pays et du continent.
Junior Ngandu




