La cité minière de Rubaya, dans la province du Nord-Kivu, reste au cœur d’un paradoxe sécuritaire : alors que les combats s’intensifient aux abords de la ville, l’exploitation illicite des minerais ne faiblit pas. C’est ce qu’a confié à Mines.cd une source locale, contactée ce mercredi 24 février 2026.
Une production maintenue sous tension
Selon ce témoignage, les affrontements opposant les résistants Wazalendo aux rebelles de l’AFC-M23, appuyés par l’armée rwandaise, n’ont pas freiné les activités minières informelles.
« L’exploitation des minerais continue à Rubaya, en dépit des combats qui font rage aux abords de la cité », affirme la source, décrivant une situation où l’économie de guerre semble primer sur l’insécurité ambiante.
Située dans le territoire de Masisi, Rubaya est considérée comme l’un des principaux bassins de coltan au monde, ressource stratégique utilisée notamment dans l’industrie électronique.
Renforts militaires et peur grandissante
Toujours selon la même source, face à la pression exercée par les Wazalendo, Kigali aurait déployé une unité spéciale en renfort pour soutenir les positions de l’AFC-M23.
« Ce renfort a permis de freiner l’avancée des Wazalendo. Aujourd’hui, la peur gagne les populations civiles », précise-t-elle, évoquant un climat d’angoisse dans la cité minière.
L’offensive lancée samedi dernier par les résistants aurait toutefois permis la reprise de plusieurs localités précédemment occupées par la rébellion, notamment Katoyi, Bukumbilire, Nkokwe, Kawere, Kanyuru ainsi que les environs de Kinigi.
Des frappes attribuées aux FARDC, menées mardi et visant la résidence du général Innocent Ngahizi dans la ferme de Kishusha, auraient également marqué un tournant. Selon des informations locales, Willy Ngoma, porte-parole militaire de la rébellion et plusieurs autres officiers, y ont trouvé la mort.
Rubaya, nerf financier de la rébellion
Malgré ces revers, les rebelles afficheraient leur détermination à conserver le contrôle de Rubaya, perçue comme un levier stratégique majeur pour le financement de leur insurrection.
Dans ce contexte, la poursuite de l’exploitation illicite des minerais souligne l’enchevêtrement entre économie extractive et dynamique du conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Azarias Mokonzi




