Dans un rapport publié en mars 2026 en collaboration avec l’ONG Fern, Afrewatch dresse un constat préoccupant sur les effets de l’expansion minière dans le sud-est de la République démocratique du Congo. L’étude met en lumière les répercussions sociales directes et indirectes sur les communautés locales, en particulier dans les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga.
Sur le terrain, les populations riveraines des zones d’exploitation font face à une transformation brutale de leur environnement. La déforestation massive, liée à l’ouverture de nouveaux sites miniers, s’accompagne de déplacements forcés, de la perte de terres agricoles et d’une dégradation progressive des conditions de vie. Pour de nombreuses familles, l’activité minière, censée être porteuse de développement, rime désormais avec précarité accrue.
Au-delà de ces impacts visibles, le rapport souligne également des effets indirects souvent sous-estimés. L’afflux de populations attirées par les opportunités économiques autour des sites miniers exerce une pression croissante sur les ressources naturelles. Cette dynamique se traduit notamment par une intensification de la production de charbon de bois, qui reste la principale source d’énergie pour de nombreux ménages, accentuant ainsi la dégradation des forêts de miombo.
Face à cette situation, Afrewatch appelle à une réforme en profondeur de la gouvernance du secteur minier. L’organisation insiste sur la plus grande transparence dans la gestion des projets extractifs, mais aussi sur l’importance de rendre accessibles les études d’impact environnemental et social. Elle plaide, en outre, pour une implication réelle des communautés locales dans les processus décisionnels, afin de garantir le respect de leurs droits et de mieux encadrer les activités minières.
À travers ce rapport, Afrewatch met en garde contre un modèle de développement extractif qui, sans régulation adéquate, risque d’aggraver les inégalités et de fragiliser davantage les territoires concernés.
Pierre Kabakila




