Après le lancement réussi de son unité pilote à Kalemie, l’entreprise publique DRC Gold Trading SA annonce une nouvelle phase d’expansion qui pourrait profondément transformer le secteur aurifère de la République démocratique du Congo. À la manœuvre, son directeur général, Joseph M. Kazibaziba, qui porte une vision ambitieuse de structuration et de formalisation de l’or artisanal.
Une stratégie de décentralisation du raffinage
Dans la foulée de l’inauguration de la raffinerie de Kalemie, la société prévoit l’implantation de trois nouvelles unités dans des zones clés de production artisanale, notamment au Maniema, dans l’espace de la Grande Orientale incluant l’Ituri et le Haut-Uele, ainsi que dans le Grand Kasaï.
À travers cette approche, l’entreprise entend rapprocher les infrastructures de transformation des sites d’extraction, afin de réduire les circuits informels et offrir aux exploitants artisanaux des débouchés légaux, sécurisés et mieux encadrés. L’objectif est de capter la production à la source pour l’intégrer directement dans l’économie formelle.
Kinshasa, futur hub aurifère certifié
L’annonce majeure concerne toutefois Kinshasa, où une raffinerie nationale devrait voir le jour dans la Zone Économique Spéciale de Maluku. Ce projet, dont les études de faisabilité sont à un stade avancé selon Joseph M. Kazibaziba, vise l’obtention de la certification de la London Bullion Market Association (LBMA).
Un tel label permettrait à la RDC de vendre son or directement aux standards du marché international, sans subir les décotes habituellement liées aux circuits non certifiés. Il s’agit, pour les autorités, d’un levier central de souveraineté minérale et de crédibilité sur les marchés mondiaux.
L’or, levier de stabilité économique
Au-delà de la dimension industrielle, DRC Gold Trading SA entend également jouer un rôle macroéconomique en collaboration avec la Banque Centrale du Congo. En contribuant à la constitution de réserves en or monétaire, l’entreprise participe à la consolidation des réserves de change du pays.
Le projet s’inscrit dans une vision de grande envergure, avec un objectif affiché de générer plus de 10 milliards de dollars en cinq ans. Si cette ambition se concrétise, le secteur aurifère artisanal pourrait devenir un pilier majeur de la croissance du produit intérieur brut congolais.
Restaurer l’image de l’or congolais
Au cœur de cette stratégie figure également un enjeu de réputation. En misant sur la traçabilité et l’intégration de l’exploitation artisanale dans les circuits formels, la République démocratique du Congo cherche à repositionner son or sur la scène internationale, longtemps affecté par les circuits de contrebande et les zones de conflit.
Avec ce plan d’expansion, DRC Gold Trading SA franchit un cap décisif, passant d’un simple rôle commercial à celui d’acteur industriel structurant, déterminé à capter davantage de valeur ajoutée sur le territoire national.
Dan Bawuna




