Alors que la signature d’un nouvel accord entre République démocratique du Congo et les États-Unis alimente le débat public, le vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a tenu à en clarifier la portée sur les antennes de Radio France Internationale (RFI). À l’en croire, ce partenariat dépasse largement le cadre minier et s’inscrit dans une logique de coopération stratégique à long terme.
Selon le ministre, cet accord constitue avant tout un tournant diplomatique. S’il repose en partie sur les ressources minérales, il englobe également des volets essentiels tels que la sécurité, l’éducation et les technologies. « Il ne s’agit pas d’un accord minier au sens strict, mais d’un ancrage diplomatique fondé sur une alliance durable », a-t-il affirmé, marquant ainsi une volonté de rompre avec les anciens modèles d’échanges jugés déséquilibrés.
Au cœur de cette nouvelle approche figure la transformation locale des ressources. Daniel Mukoko Samba a insisté sur la nécessité de créer davantage de valeur ajoutée sur le sol congolais, en développant une industrie de transformation des minerais. Une ambition qui suppose des investissements conséquents dans les infrastructures énergétiques et de transport, afin de soutenir la production et l’exportation de produits finis ou semi-finis.
Face aux préoccupations liées à un éventuel bradage des ressources, le gouvernement se veut rassurant. Le principe d’un « droit de première offre » accordé aux partenaires américains sur certains actifs spécifiques est encadré par des limites strictes. Ce mécanisme reste temporaire et n’exclut pas la possibilité pour la République démocratique du Congo de se tourner vers d’autres partenaires en cas d’absence d’engagement dans les délais fixés. Par ailleurs, toute attribution devra impérativement respecter les dispositions du Code minier et du règlement en vigueur.
La question de la révision de la loi fiscale de 2014, souvent évoquée dans ce dossier, a également été abordée. Le ministre a expliqué que cette réforme répond à une nécessité d’adaptation. Conçue à l’origine dans le cadre du partenariat sino-congolais de 2008, cette législation doit désormais évoluer pour s’adapter à un environnement marqué par la diversification des alliances économiques. L’objectif affiché est de mettre en place un cadre fiscal neutre, applicable à tous les partenaires, qu’ils soient chinois, américains ou issus d’autres horizons.
À travers cet accord, Kinshasa entend clairement redéfinir sa position sur l’échiquier international. En s’appuyant sur ses ressources minières, le pays ambitionne d’obtenir non seulement des investissements, mais aussi des garanties sécuritaires et un transfert de technologies. Pour Daniel Mukoko Samba, le message est sans ambiguïté : la République démocratique du Congo ne veut plus se contenter d’un rôle de fournisseur de matières premières, mais aspire à devenir un acteur industriel à part entière.
Daniel Bawuna




