Lors de la 79ᵉ réunion du Conseil des ministres tenue à la Cité de l’Union africaine, le Président de la République, Félix Tshisekedi, a dévoilé une stratégie nationale ambitieuse destinée à sécuriser les flux d’or et à accroître durablement les recettes publiques.
Dans un contexte marqué par des pertes substantielles dues aux circuits informels et à l’exploitation artisanale non contrôlée, le Chef de l’État entend intégrer progressivement la production aurifère dans le circuit officiel. L’objectif est double : mieux capter les devises générées par ce minerai stratégique et centraliser les paiements via les banques afin de renforcer la traçabilité financière.
Quatre axes structurants
La stratégie présentée repose sur quatre piliers majeurs :
- La mise en place d’un système national de traçabilité, interconnecté avec l’administration minière et la Banque Centrale du Congo, incluant une décentralisation encadrée des flux.
- L’instauration d’incitations économiques pour rendre le circuit officiel plus attractif que les filières informelles.
- Le renforcement des contrôles aux points de sortie stratégiques et aux frontières afin de lutter contre la fraude et la contrebande.
- La consolidation de la coopération régionale, à travers l’échange d’informations douanières et l’harmonisation des mécanismes de certification.
L’or, un levier stratégique pour l’économie
Pour le Président Félix Tshisekedi, l’or représente un levier stratégique pour la stabilité macroéconomique et la souveraineté financière du pays. La formalisation accrue de la filière aurifère devrait permettre d’augmenter les recettes de l’État tout en améliorant la transparence dans un secteur longtemps fragilisé par l’informalité.
Le Chef de l’État a ainsi instruit la Première ministre ainsi que les ministres des Mines, des Finances, de l’Économie, du Commerce extérieur et de l’Intérieur d’élaborer rapidement une stratégie intégrée, cohérente et opérationnelle. Celle-ci devra garantir la traçabilité des flux, la sécurisation des exportations et un accroissement mesurable des recettes publiques.
À travers cette initiative, Kinshasa ambitionne de transformer l’or, souvent synonyme de fuite de capitaux, en un moteur structurant de développement et de consolidation budgétaire.
Pierre Kabakila




