Le gouvernement de la République démocratique du Congo a publié, le 2 février, dans un communiqué parvenu à Mines.cd ce vendredi 13 février 2026, les conclusions de la commission interministérielle spéciale chargée d’enquêter sur l’incident environnemental survenu le 4 novembre 2025 sur le site CDM/Joli-Site à Lubumbashi, exploité par Congo Dongfang International Mining.
Placée sous l’autorité du président Félix Tshisekedi, cette enquête met en évidence de graves impacts humains et environnementaux, tout en détaillant les mesures d’urgence ainsi que les conditions strictes encadrant toute éventuelle reprise des activités.
Un incident majeur aux portes de la ville
L’événement, survenu sur un site minier entouré de quartiers densément peuplés, a provoqué le rejet d’effluents polluants ayant affecté la santé publique et l’environnement.
Dès le 6 novembre, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, avait ordonné la suspension immédiate des opérations de CDM afin de permettre les investigations, la sécurisation du site et la prise en charge des impacts, conformément aux normes légales en vigueur.
Les travaux de la commission, menés avec transparence et avec la participation des communautés locales, d’experts indépendants, de la société civile et d’élus provinciaux, ont permis de valider plusieurs actions concrètes :
Volet sanitaire : 670 personnes prises en charge à l’Hôpital Jason Sendwe.
Volet humanitaire : assistance à 350 ménages et distribution quotidienne de 30 000 litres d’eau potable.
Eau et infrastructures : 15 forages programmés, dont 7 réalisés fin décembre 2025.
Environnement : dépollution, pompage des effluents, neutralisation et construction d’un bassin de rétention de secours.
Indemnisations : processus lancé conformément aux procédures réglementaires.
Ces interventions visent un rétablissement durable des conditions de vie des populations riveraines.
Reprise conditionnée et contrôles renforcés
Au-delà de la gestion de l’urgence, le communiqué met en avant plusieurs enseignements structurants. Toute reprise des activités sur le site CDM/Joli-Site reste conditionnée à : la mise en conformité intégrale des installations ; la validation d’études environnementales et sociales actualisées ; la réalisation d’une expertise indépendante pour sécuriser les ouvrages ; la mise en place d’un suivi environnemental permanent et le respect des obligations sociales.
Le gouvernement annonce également le renforcement des mécanismes nationaux de contrôle, de prévention et d’alerte afin d’éviter toute récidive.
« L’exploitation des ressources naturelles ne saurait se faire au détriment de la vie humaine, de la santé publique ni de l’environnement », rappelle le communiqué, qui place la protection des populations au cœur du modèle minier responsable promu par les autorités.
Cet épisode devrait renforcer les exigences réglementaires en RDC, où les opérateurs miniers devront désormais anticiper des audits plus stricts ainsi que des engagements communautaires renforcés. CDM, comme d’autres sociétés actives dans le Haut-Katanga — cœur stratégique du cuivre et du cobalt congolais — devra démontrer une conformité exemplaire avant toute relance de ses activités.
Daniel Bawuna




