La République démocratique du Congo continue de tirer d’importants revenus de ses minerais dits « 3T » — cassitérite, coltan et wolframite — dont les exportations ont franchi la barre des 676 millions de dollars américains en 2025, selon les données de la Cellule technique de coordination et de planification minière (CTCPM).
Contrairement à une répartition équilibrée, la cassitérite domine largement le marché.
Elle concentre l’essentiel des recettes, avec plus de 650 millions USD générés, pour un volume dépassant les 46 000 tonnes exportées. À l’opposé, le coltan affiche des performances plus modestes, avec un peu plus de 23 millions USD, tandis que la wolframite reste marginale, avec un peu plus d’un million USD.
Cette dynamique s’explique en partie par la structure de la production. La cassitérite bénéficie d’une exploitation industrielle relativement développée, assurée par plusieurs sociétés minières opérant principalement dans l’Est du pays. Par ailleurs, l’exploitation artisanale continue de jouer un rôle non négligeable, illustrant la dualité du secteur minier congolais.
Mais au-delà des performances économiques, ces minerais s’inscrivent dans une réalité géopolitique complexe.
Les principales zones de production, situées dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, restent fragilisées par une insécurité persistante. Cette situation pèse non seulement sur les volumes exportés, mais aussi sur la traçabilité et la gouvernance des ressources.
Sur le plan international, l’intérêt pour les minerais 3T ne cesse de croître. L’étain, issu de la cassitérite, est un composant clé des technologies liées à la transition énergétique. Le coltan, riche en tantale, est indispensable aux équipements électroniques modernes. Quant au tungstène, il demeure essentiel dans les industries nécessitant des matériaux résistants à de fortes températures.
Face à cette demande mondiale soutenue, la RDC se trouve à un tournant : renforcer le contrôle de sa chaîne de valeur et sécuriser ses zones minières afin de maximiser les retombées économiques. Car au-delà des chiffres, c’est bien la transformation locale et la gouvernance du secteur qui détermineront l’impact réel de ces ressources sur le développement du pays.
Pierre Kabakila




