La République démocratique du Congo veut changer de cap dans la gestion de ses ressources naturelles. Invité le 31 mars 2026 à une édition spéciale organisée à l’Institut français de Kinshasa par Radio France Internationale (RFI), le directeur général du Cadastre Minier, Popol Mabolia Yenga, a exposé une vision ambitieuse : tourner définitivement la page d’une économie fondée sur l’exportation brute des minerais.
Au cœur de cette stratégie, une volonté clairement affichée : faire du secteur minier un véritable moteur de développement national. « Nous voulons la revanche du sous-sol sur le sol », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de transformer localement les ressources. L’objectif est que toute la chaîne de valeur — de l’extraction à la transformation — soit désormais maîtrisée sur le territoire national.
Cette orientation marque une rupture assumée avec un modèle extractif longtemps dominant. « Nous ne voulons plus d’un pays qui est uniquement extractif », a martelé Popol Mabolia Yenga, plaidant pour une valorisation accrue des minerais au bénéfice direct de l’économie congolaise.
Dans cette dynamique, la question de la maîtrise des données minières apparaît comme un enjeu central. Le responsable du Cadastre Minier a reconnu que le pays ne dispose pas encore d’une cartographie complète de son sous-sol, admettant que certaines informations échappent encore au contrôle national.
Pour combler ces lacunes, un vaste processus de numérisation est en cours. Mené en collaboration avec le Service national juridique du Congo et financé par l’Union européenne, ce projet vise à centraliser et rapatrier les données minières en République démocratique du Congo, afin d’en améliorer la gestion et l’exploitation.
Au-delà de la modernisation technique, cette réforme traduit également une volonté de rééquilibrer les partenariats dans le secteur. Les autorités entendent accorder une place plus stratégique aux acteurs nationaux, tout en exigeant des partenaires étrangers davantage de transparence et un réel transfert de compétences.
À travers cette prise de parole, Popol Mabolia Yenga met en lumière un tournant dans la politique minière congolaise : celui d’un pays décidé à renforcer sa souveraineté économique, à mieux contrôler ses ressources et à tirer pleinement profit de son immense potentiel.
Pierre Kabakila




