La situation sécuritaire demeure alarmante dans une grande partie du territoire de Mambasa, en province de l’Ituri. Depuis plusieurs mois, cette zone fait face à une recrudescence des violences, consécutive notamment à l’arrivée de groupes armés en provenance du Nord-Kivu.
Selon la Convention pour le Respect des Droits Humains (CRDH), ces groupes se livrent à l’exploitation illicite de l’or ainsi qu’au trafic de bois, des activités qui constituent leurs principales sources de financement.
« Ils sont en quête d’or. Ils exploitent, pillent et vendent ces ressources précieuses pour subvenir à leurs besoins », dénonce Rams Malikidogo, responsable de la CRDH dans la région.
L’or détourné de sa vocation économique
L’activiste regrette que l’or de Mambasa, au lieu de servir de levier de développement local, soit devenu un facteur central d’insécurité. Ces groupes armés, accusés de graves violations des droits humains, se rendent coupables d’arrestations arbitraires, de tortures, d’enlèvements, et imposent des taxes illégales dans les carrés miniers comme dans les agglomérations.
« Nous avons identifié au moins 18 groupes armés impliqués dans le pillage, la torture et les enlèvements. Ils fixent même leurs propres taxes dans les sites miniers. C’est inacceptable », a-t-il martelé.
Une population prise en étau
Lorsque leurs intérêts sont menacés, ces groupes armés n’hésitent pas à s’affronter entre eux, accentuant davantage l’insécurité. « Ils s’affrontent fréquemment en cas de mésentente autour du contrôle des ressources. La population vit dans une peur permanente », ajoute Rams Malikidogo.
Cette situation plonge les habitants de Mambasa dans un climat de terreur, marqué par l’insécurité chronique, la paralysie des activités économiques et de graves atteintes à la cohésion sociale.
Appel à une action urgente de l’État
Face à cette détérioration continue, la CRDH appelle les autorités congolaises à lancer une opération de grande envergure afin de neutraliser ces groupes armés et restaurer l’autorité de l’État dans le territoire de Mambasa.
L’organisation dénonce par ailleurs le silence des autorités compétentes, estimant que cette inertie contribue à la banalisation des violences et met gravement en péril la sécurité des populations civiles.
Azarias Mokonzi




