La session de partage d’expériences sur la gouvernance financière et le suivi de la gestion des ressources publiques issues du secteur minier s’est clôturée ce samedi 24 janvier 2026 à Lubumbashi, après deux jours d’intenses travaux. Organisée par la coalition « Le Congo n’est pas à vendre » (CNPAV), avec l’appui de ses partenaires, cette rencontre a réuni des acteurs de la société civile venus notamment du Haut-Katanga, du Lualaba et du Haut-Uélé.
Un contexte marqué par des défis de gouvernance
Cet atelier s’inscrit dans un contexte national paradoxal où, malgré l’augmentation significative du budget de l’État et l’importance stratégique du secteur minier dans l’économie congolaise, les retombées sur les conditions de vie des populations demeurent faibles. Face aux défis liés à l’opacité, à la faible redevabilité et à la centralisation de la gestion des ressources, la société civile entend jouer pleinement son rôle de veille citoyenne.
Ainsi, pendant deux jours, les participants ont passé en revue les bonnes pratiques en matière de contrôle citoyen, de plaidoyer et de suivi des finances publiques. Les échanges ont porté sur les techniques de collecte, de traitement et d’analyse des données financières, ainsi que sur la formulation de messages clairs et structurés à destination des décideurs publics.
L’objectif était de permettre aux organisations de la société civile de mener un contrôle plus structuré et efficace des revenus issus du secteur minier, en tenant compte des réalités spécifiques des provinces minières.
Synergie et ouverture des autorités, des recommandations fortes
À l’issue des travaux, les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer la synergie et le partenariat entre les organisations engagées dans le contrôle citoyen. Ils ont également lancé un appel clair aux autorités publiques afin qu’elles fassent preuve de plus d’ouverture et de collaboration avec les acteurs de la société civile.
« Les autorités publiques sont appelées à collaborer, à accepter et à recevoir les acteurs de la société civile qui viennent poser des questions. Il ne s’agit pas d’un dérangement, mais d’un contrôle citoyen visant à améliorer la gestion des finances publiques et les services rendus aux citoyens », a souligné Maître Fabien Mayani, membre du comité de pilotage de la coalition CNPAV.
La satisfaction de la CNPAV
Dans son évaluation, la coalition Le Congo n’est pas à vendre s’est dite satisfaite du déroulement et des résultats de cette session.
« Pendant deux jours, les acteurs de la société civile ont échangé sur les bonnes pratiques, les expériences et les défis du contrôle citoyen, mais aussi sur la manière de collecter, traiter et analyser les informations afin d’influencer positivement la gestion des revenus du secteur minier », a déclaré Maître Fabien Mayani.
Il a également salué l’adoption de résolutions appelant à l’organisation régulière de ce type d’ateliers afin de permettre aux organisations de se mettre à jour, de partager les expériences réussies, mais aussi celles qui ont montré leurs limites.
Professionnaliser davantage le contrôle citoyen
Un message fort a également été adressé aux organisations de la société civile elles-mêmes. Selon les participants, l’un des défis majeurs reste le manque de professionnalisation de certains acteurs dans la conduite du contrôle citoyen.
« Les acteurs de la société civile doivent davantage se professionnaliser, mieux comprendre les mécanismes des finances publiques, les circuits de la dépense et la passation des marchés publics, afin de mener un contrôle citoyen efficace et crédible », a insisté Maître Fabien Mayani.
Vers une dynamique durable
À l’issue de cette rencontre, la coalition CNPAV a annoncé sa réflexion sur la mise en place d’un cadre régulier d’échanges et de renforcement des capacités, afin de consolider les réseaux, les synergies et l’impact des actions de suivi de la gestion financière et des revenus du secteur minier en République démocratique du Congo.
Cette session marque ainsi une étape importante dans la structuration d’un contrôle citoyen plus rigoureux, au service de la transparence, de la redevabilité et d’une meilleure gouvernance des ressources naturelles.
La Rédaction




