La République démocratique du Congo a appelé, mardi 14 juillet 2026, les Nations unies à considérer l’exploitation illicite des minerais critiques comme une menace pour la paix et la sécurité internationales, estimant que la gouvernance des ressources naturelles ne peut plus être abordée sous le seul prisme du développement économique.
Intervenant lors de la Réunion de haut niveau sur les minerais critiques pour la transition énergétique, la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, a soutenu que l’exploitation illégale des ressources minières fragilise l’autorité de l’État, porte atteinte à la souveraineté nationale et contribue à alimenter les conflits armés dans la partie Est de la République démocratique du Congo.
Rubaya cité comme symbole du trafic de coltan
Pour étayer son argumentaire, la cheffe de la diplomatie congolaise a évoqué la situation de Rubaya, dans la province du Nord-Kivu, dont les gisements figurent parmi les principales sources mondiales de coltan, minerai indispensable à la production de tantale.
S’appuyant sur les conclusions du Groupe d’experts des Nations unies, elle a rappelé qu’au moins 1 400 tonnes de coltan auraient été acheminées clandestinement vers le Rwanda après la prise de contrôle de la zone par le M23. Selon ces estimations, ce trafic aurait généré des revenus mensuels d’environ 800 000 dollars américains au profit du mouvement armé.
Kinshasa a également regretté l’absence de sanctions visant les Forces de défense rwandaises, estimant que cette situation met en évidence les limites des mécanismes internationaux de lutte contre l’exploitation illicite des ressources naturelles.
Vers une gouvernance intégrant les enjeux de sécurité
La République démocratique du Congo plaide pour une approche internationale plus cohérente, reliant la gouvernance des ressources naturelles à la prévention des conflits, à la sécurité internationale et au développement durable.
Pour les autorités congolaises, la lutte contre le trafic des minerais critiques constitue désormais un enjeu stratégique qui dépasse le seul cadre économique.
Miser sur la transformation locale
Au-delà des questions sécuritaires, la ministre d’État a réaffirmé la volonté du Gouvernement de renforcer la transformation locale des minerais critiques afin d’accroître la valeur ajoutée créée en République démocratique du Congo.
Cette stratégie vise notamment à attirer davantage d’investissements dans les infrastructures industrielles, à favoriser le transfert de technologies et à permettre au pays de tirer pleinement profit de la transition énergétique mondiale, en consolidant sa place dans les chaînes de valeur des minerais stratégiques.
Pierre Kabakila




