Face à l’escalade de la violence dans l’Est de la République démocratique du Congo, des députés français du groupe La France insoumise ont déposé à l’Assemblée nationale une proposition de résolution européenne appelant à des sanctions sévères contre le Rwanda, accusé d’alimenter la guerre via la rébellion du M23.
Parmi les mesures fortes suggérées figure un embargo total sur les minerais dits « 3T » (coltan, étain, tungstène) exportés par le Rwanda, minerais soupçonnés d’alimenter les circuits illicites du commerce international et de financer les conflits armés dans la région des Grands Lacs.
Suspendre les accords avec Kigali
Les élus de gauche appellent également l’Union européenne à suspendre ses accords économiques et militaires avec Kigali, en ciblant notamment l’aide budgétaire directe et l’assistance militaire fournie au régime de Paul Kagame. Ils estiment que le Rwanda mène une guerre indirecte contre la RDC à travers le M23, en violation flagrante du droit international et des cessez-le-feu convenus.
« Il est inacceptable que l’UE continue à collaborer avec un État qui alimente la déstabilisation d’un pays voisin », dénoncent les députés dans le texte de la résolution.
La proposition exhorte par ailleurs l’Union européenne à renforcer son appui militaire aux Forces armées congolaises (FARDC), qui peinent à repousser les assauts répétés des rebelles du M23 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
L’occupation de Goma et de Bukavu par les forces rebelles est qualifiée d’intolérable.
Le Rwanda de plus en plus isolé sur la scène internationale
Depuis plusieurs mois, des rapports de l’ONU et d’ONG indépendantes pointent du doigt l’implication directe du Rwanda dans les violences à l’Est de la RDC. Kigali est accusé de pillage de ressources minières, de soutien logistique au M23 et de violation de la souveraineté congolaise.
Cette initiative parlementaire s’inscrit dans un contexte de pression diplomatique croissante sur le Rwanda, alors que les appels à une mobilisation internationale pour la paix dans l’Est du Congo se multiplient.
Azarias Mokonzi