L’hôtel Béatrice accueille depuis ce lundi 25 mars 2025, un atelier de réflexion sur les opportunités, risques et défis de la transition énergétique pour la République Démocratique du Congo (RDC). Organisé par l’Initiative pour la Transparence des Industries Extractives (ITIE-RDC) avec le soutien de NRGI, cet événement de deux jours rassemble des experts, des acteurs politiques et des représentants de la société civile afin de débattre des stratégies à adopter pour tirer parti des ressources stratégiques du pays.
La RDC, acteur clé de la transition énergétique mondiale

L’ouverture des travaux a été présidée par Guylain Nyembo Mbwizya, Vice-Ministre du Plan et Président du Comité Exécutif de l’ITIE-RDC. Dans son discours, il a rappelé le rôle central que joue la RDC sur l’échiquier mondial grâce à ses immenses réserves de minerais stratégiques, essentiels à la transition énergétique. Il a insisté sur la nécessité pour le pays de maîtriser et d’optimiser l’exploitation de ses ressources afin d’en tirer le meilleur profit pour sa population.
Le ministre des mines, Kizito Pakabomba, a pour sa part souligné que les richesses naturelles congolaises doivent avant tout profiter aux Congolais. Il a martelé sur l’importance d’une gouvernance transparente et de la mise en place d’un cadre légal attractif et stable pour favoriser les investissements dans la transformation locale des minerais, plutôt que de simplement exporter les matières premières.
Un contexte géopolitique complexe

Les intervenants n’ont pas manqué de rappeler les défis sécuritaires liés à l’exploitation minière en RDC, en particulier dans l’Est du pays. L’agression étrangère et la convoitise des ressources minières compromettent la souveraineté nationale et freinent le développement du secteur. Selon Kizito Pakabomba, la RDC détient les clés des technologies du futur, notamment dans la fabrication des batteries électriques et des énergies renouvelables. Il a plaidé pour un renforcement de la gouvernance et de la transparence afin que les revenus miniers bénéficient effectivement aux citoyens.
Des débats structurés en panels

L’atelier s’est poursuivi avec plusieurs panels thématiques, abordant notamment :
Les minerais de transition énergétique et la sécurité humaine : Le juriste Jean-Claude Katende a dénoncé l’absence d’une politique nationale claire sur les minerais critiques, pointant du doigt le manque de gouvernance dans le secteur extractif.
La gouvernance des minerais stratégiques : Un débat a opposé les experts sur l’existence ou non d’un cadre légal spécifique pour la gestion de ces minerais en RDC.
De son côté, Tosi Mpanu Mpanu, Conseiller principal du Président de la République en charge de l’environnement, a appelé à une mobilisation des parties prenantes, y compris la société civile, les ONG et le secteur privé, afin de développer un consensus national autour de l’exploitation des ressources stratégiques du pays.
Objectifs et résultats attendus

L’ITIE-RDC espère que cet atelier permettra d’accroître la compréhension des enjeux de la transition énergétique, notamment en sensibilisant les parties prenantes aux risques de corruption et aux enjeux liés à la transparence des propriétaires effectifs des entreprises minières. L’objectif est d’aboutir à des recommandations concrètes pour une gestion plus équitable et durable des ressources.
La RDC, riche en cobalt, lithium, coltan et terres rares, se retrouve aujourd’hui à un carrefour stratégique. Les décisions prises dans les prochaines années détermineront si elle pourra tirer pleinement profit de son potentiel ou si elle continuera à subir l’exploitation de ses ressources sans réel bénéfice pour sa population.
Daniel Bawuna