Un nouvel épisode de violence a frappé le village de Lenda-Komera, situé dans le territoire de Lubero, dans la province du Nord-Kivu. Selon plusieurs sources locales, une attaque attribuée aux rebelles de l’Allied Democratic Forces (ADF) serait liée à un conflit foncier et minier opposant des opérateurs économiques et des communautés locales.
Les faits se sont produits le lundi 9 mars 2026, à environ 250 kilomètres au nord-ouest de Mangurujipa. Ce qui, au départ, apparaissait comme un différend commercial aurait dégénéré en une attaque meurtrière après l’implication présumée de combattants ADF.
Un règlement de comptes sur fond de rivalités minières
D’après des sources concordantes, l’incursion des assaillants ne serait pas le fruit du hasard. Elle serait liée à un conflit opposant certains opérateurs économiques à des autochtones autour de l’exploitation de sites miniers locaux.
Pour prendre l’avantage dans ce différend, certains exploitants originaires des localités de Nyaluka, G6 et Ilota auraient sollicité l’intervention des combattants de l’Allied Democratic Forces afin d’expulser leurs adversaires.
Les assaillants seraient venus notamment des zones de Mapendano, Mabuo et Butambisi, où ils auraient organisé l’attaque avant de se replier après leur incursion.
Repli vers des sites miniers
Après l’attaque, les combattants auraient pris la direction de plusieurs sites miniers situés dans les localités de Ilota, Nyaluke et G6, de l’autre côté de la limite provinciale, dans le territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri.
Des populations contraintes de fuir
L’attaque a provoqué un déplacement massif de la population locale. Craignant pour leur sécurité, plusieurs familles ont abandonné leurs habitations pour se réfugier dans des zones jugées plus sûres, loin des sites miniers devenus particulièrement instables.
Cette situation renforce les inquiétudes autour du rôle de certaines rivalités économiques dans l’alimentation de l’insécurité dans l’Est de la RDC.
La société civile appelle l’État à agir
Face à cette situation jugée alarmante, des organisations de la société civile appellent les autorités de la République démocratique du Congo à rétablir l’autorité de l’État dans cette zone enclavée.
Elles demandent notamment : la neutralisation des combattants ADF actifs dans la région ; l’arbitrage des conflits miniers opposant exploitants et communautés locales ; le renforcement de la présence sécuritaire autour des zones minières.
Pour ces acteurs locaux, l’attaque de Lenda-Komera illustre comment les rivalités économiques liées aux ressources naturelles peuvent être exploitées par des groupes armés, aggravant ainsi l’insécurité dans une région déjà marquée par des décennies de conflit.
Azarias Mokonzi




