Un éboulement survenu le 11 mars sur le site minier artisanal de Safi, près de la cité de Kakanda, a coûté la vie à au moins dix mineurs et à un enfant d’environ 13 ans, tandis qu’une autre personne a été blessée. Ce drame remet une nouvelle fois en lumière les risques liés à l’exploitation minière artisanale en République démocratique du Congo.
À la suite de cet accident, le Service d’assistance et d’encadrement de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (SAEMAPE) a dépêché une mission d’inspection sur le site le 12 mars 2026.
Suspension immédiate des activités recommandée
Dans son rapport technique, le Service d’assistance et d’encadrement de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle recommande la suspension immédiate des activités dans la zone touchée, ainsi qu’une évaluation urgente de la stabilité de l’ensemble de la carrière.
Le service insiste également sur la nécessité de retirer les militaires présents sur le site et de confier la surveillance à la Police des mines et hydrocarbures, jugée plus adaptée pour assurer l’encadrement des exploitations artisanales.
De graves manquements aux normes techniques
Le rapport met en évidence plusieurs facteurs ayant contribué à l’éboulement. La hauteur des gradins de la carrière a été estimée à 37 mètres, bien au-delà de la norme recommandée fixée à 5 mètres.
À cela s’ajoute un angle de talus compris entre 70 et 80 degrés, combiné à la nature sablo-argileuse du sol, rendant la zone particulièrement instable. L’absence de système efficace de drainage des eaux de pluie aurait également aggravé la situation.
Pour le SAEMAPE, ces éléments traduisent un déficit d’encadrement technique et de respect des normes de sécurité dans l’exploitation artisanale du site.
Une coopérative sans validation technique
Selon le rapport, certains exploitants artisanaux avaient accès à certaines zones de la mine entre 5 heures et 9 heures du matin, dans le cadre d’un arrangement avec une coopérative locale et un partenaire technique.
Toutefois, cette coopérative n’aurait jamais obtenu d’avis technique officiel du SAEMAPE, ce qui soulève des interrogations sur la régularité de ses activités et sur les mesures de sécurité mises en place.
Sécuriser le site avant toute reprise
Face à ces constats, le Service d’assistance et d’encadrement de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle insiste sur le fait que toute reprise des activités artisanales devra impérativement être précédée d’une validation technique.
Pour l’instant, la zone demeure interdite d’accès, le temps d’évaluer les risques et de mettre en œuvre les mesures de sécurisation nécessaires.
Ce drame illustre une fois de plus les dangers persistants de l’exploitation minière artisanale en RDC, où de nombreux travailleurs opèrent dans des conditions précaires et souvent sans encadrement technique adéquat.
Pierre Kabakila




