Le secteur minier de la République démocratique du Congo franchit un nouveau cap. Le 19 mars 2026, à l’hôtel Pullman Kinshasa Grand Hôtel, le Gouvernement congolais et la délégation de l’Union européenne ont officialisé un partenariat structurant à travers la signature du document clé du projet « Country Window RDC ».
Présidant la cérémonie, le ministre des Mines Louis Watum Kabamba a souligné la portée stratégique de cette initiative, qu’il inscrit dans la vision du président Félix Tshisekedi et dans la dynamique gouvernementale conduite par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka. À l’en croire, ce projet vise à renforcer la gouvernance, la souveraineté et la performance du secteur minier congolais.
Le SGN-C au cœur de la transformation

Au centre de ce dispositif se trouve le Service Géologique National du Congo (SGN-C), appelé à jouer un rôle déterminant dans la modernisation des géosciences en RDC. L’institution sera chargée de piloter l’acquisition, la gestion et la valorisation des données géoscientifiques, un chantier crucial pour combler les lacunes persistantes en matière de cartographie du sous-sol.
Dans un pays riche en ressources stratégiques telles que le cobalt, le cuivre et le coltan, l’amélioration de la qualité des données apparaît comme un levier essentiel pour orienter les politiques publiques et sécuriser les investissements.
Un projet structurant pour l’attractivité minière
Intégré au programme PanAfGeo+ INVEST, le projet « Country Window RDC » ambitionne de repositionner la RDC sur l’échiquier mondial des géosciences. Il s’inscrit dans une logique de transformation en profondeur du secteur, en mettant l’accent sur la transparence, la fiabilité des informations et la compétitivité.
Concrètement, le projet prévoit le renforcement des capacités techniques des experts congolais, notamment dans les domaines de la cartographie tridimensionnelle et de la modélisation du sous-sol. Il introduit également des outils numériques modernes, avec la mise en place de bases de données sécurisées et accessibles, destinées à faciliter l’évaluation des gisements et la prise de décision.
Un partenariat international structuré

Le projet repose sur une collaboration étroite entre le Service Géologique National du Congo, le ministère des Mines, le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) et la « Team Europe », dans le cadre de l’initiative Global Gateway de l’Union européenne.
Doté d’un financement de 17,8 millions d’euros pour la RDC, sur un total continental de 45,5 millions, ce programme s’étendra jusqu’en 2028. Il constitue la troisième phase de PanAfGeo, un dispositif panafricain visant à renforcer les capacités géoscientifiques du continent, notamment autour des minerais critiques indispensables à la transition énergétique mondiale.
Vers une souveraineté minière renforcée
À terme, les données géoscientifiques produites dans le cadre de ce projet devraient devenir un outil stratégique pour améliorer la transparence des contrats miniers et renforcer la position de la République démocratique du Congo dans les négociations avec les investisseurs.
En misant sur la connaissance fine de son sous-sol, le pays entend consolider sa souveraineté minière et maximiser les retombées économiques de ses ressources naturelles, dans un contexte international marqué par une forte compétition autour des minerais stratégiques.
Dan Bawuna




