Kinshasa affiche clairement ses ambitions dans le secteur minier. En déplacement à Pékin, le ministre des Mines a obtenu des engagements du géant chinois CMOC visant à intensifier les investissements, avec en ligne de mire un objectif stratégique : hisser la République démocratique du Congo parmi les tout premiers producteurs mondiaux de cuivre.
La délégation congolaise, conduite dans ce cadre, comprenait notamment l’ambassadeur de la RDC en Chine, François Balumuene, ainsi que plusieurs hauts responsables du secteur minier, venus soutenir cette dynamique de renforcement du partenariat.
Au cœur des échanges, les deux parties ont mis l’accent sur la nécessité d’accroître significativement la production de cuivre. L’ambition, telle que relayée par la cellule de communication du ministère, est de positionner rapidement la RDC comme le deuxième producteur mondial. Dans cette perspective, CMOC pourrait jouer un rôle déterminant, sa contribution étant appelée à dépasser, à elle seule, 30 % de la production nationale, confirmant ainsi son poids stratégique dans l’industrie extractive congolaise.
Cette montée en puissance s’accompagne toutefois d’exigences claires du côté congolais. Le groupe chinois s’est engagé à respecter strictement les normes environnementales ainsi que les standards ESG, tout en se conformant au cadre légal en vigueur en RDC. Les discussions ont également mis en avant la nécessité d’améliorer les conditions de vie des communautés locales impactées par les activités minières, tout en renforçant les infrastructures énergétiques, considérées comme un levier indispensable à la croissance du secteur.
La question de l’encadrement de l’exploitation artisanale n’a pas été éludée. CMOC a ainsi été invité à accompagner la mise en place des Zones d’Exploitation Artisanale, dans le but de structurer davantage ce segment et d’en limiter les dérives. Par ailleurs, le dossier sensible de la participation des Congolais au capital des filiales du groupe en RDC a été abordé. Le président-directeur général de CMOC, Charles Peng, a réaffirmé la volonté de son entreprise de s’aligner sur les orientations nationales, notamment en favorisant une ouverture accrue du capital aux acteurs locaux, y compris aux travailleurs.
Du côté du gouvernement, le cap reste ferme. Le ministre des Mines a rappelé que l’augmentation de la production, le respect strict des normes environnementales et la garantie de retombées concrètes pour les populations constituent des priorités non négociables.
Déjà solidement implanté en RDC à travers ses filiales Tenke Fungurume Mining et Kisanfu Mining, CMOC s’impose comme un acteur incontournable dans l’exploitation du cuivre et du cobalt. Cette rencontre à Pékin vient ainsi conforter la volonté des autorités congolaises de bâtir un secteur minier à la fois plus performant, mieux encadré et véritablement bénéfique à l’économie nationale.
Pierre Kabakila




