Au Conseil de sécurité des Nations unies, la Chine hausse le ton sur la situation dans l’est de la République démocratique du Congo. Pékin pointe un enchevêtrement désormais bien établi : exploitation illégale des ressources, circuits de contrebande et persistance de l’insécurité.
Intervenant lors d’une session consacrée à la crise dans la région des Grands Lacs, l’ambassadeur chinois Sun Lei a appelé à dépasser une lecture strictement sécuritaire du conflit. « Les réponses militaires ne suffisent pas », a-t-il insisté en substance, plaidant pour une approche intégrée combinant sécurité, gouvernance et développement.
Au cœur de cette équation : les minerais congolais. Leur exploitation, artisanale comme industrielle, échappe en partie au contrôle de l’État et alimente des réseaux parallèles. Résultat, une manne qui, au lieu de soutenir les économies locales, contribue au financement de groupes armés et à l’entretien d’un cycle de violence persistant.
Face à ce constat, la Chine défend une stratégie de long terme axée sur la formalisation du secteur, la transparence des chaînes d’approvisionnement et le démantèlement des circuits illicites. Une position qui s’inscrit aussi dans sa propre logique d’engagement économique en Afrique.
Pékin met d’ailleurs en avant ses instruments de coopération : suppression annoncée de certains droits de douane pour les exportations africaines, investissements dans les infrastructures et appui à l’industrialisation. Autant de leviers présentés comme essentiels pour stabiliser durablement la région.
Mais sur le terrain, la réalité reste préoccupante. La résurgence de la rébellion AFC/M23 a ravivé les affrontements, provoquant de nouveaux déplacements massifs de populations. La crise humanitaire s’intensifie, avec des millions de personnes confrontées à une insécurité alimentaire aiguë.
À cela s’ajoutent des tensions diplomatiques persistantes entre Kinshasa et Kigali. La RDC accuse le Rwanda de soutenir les rebelles, ce que ce dernier rejette, dénonçant en retour la présence de groupes hostiles à sa frontière. Un climat de défiance qui complique les efforts de médiation régionale.
Dans ce contexte, la communauté internationale est appelée à intensifier son engagement. L’enjeu : s’attaquer non seulement aux symptômes du conflit, mais surtout à ses racines économiques et structurelles — au premier rang desquelles la gouvernance des ressources naturelles.
Pierre Kabakila




