La convention minière sino-congolaise, à travers son projet phare Sicomines, revient au centre du débat public en République démocratique du Congo.
Plusieurs organisations de la société civile dénoncent un « déséquilibre structurel » dans la répartition des revenus issus de ce partenariat, particulièrement depuis la signature de l’avenant 5 en 2024.
Un mécanisme jugé défavorable à l’État congolais
Selon la coalition Le Congo n’est pas à vendre, le dispositif actuel de financement des infrastructures limiterait les bénéfices pour l’État congolais, malgré la hausse significative des cours du cuivre sur les marchés internationaux.
En cause : un mécanisme basé sur un montant annuel plafonné dédié aux infrastructures, qui ne permettrait pas à la RDC de tirer pleinement profit des périodes de forte valorisation du cuivre.
La coalition évoque un manque à gagner important pour le pays. Selon ses estimations, les pertes cumulées dépasseraient 400 millions de dollars sur la période récente, avec environ 412 millions de dollars non captés entre 2024 et 2026.
Pour ces organisations, ce modèle figé prive l’État de revenus additionnels en cas de flambée des prix, contrairement à un système proportionnel indexé sur les performances du marché.
Des appels à plus de transparence et à une renégociation
Face à ces critiques, les acteurs de la société civile plaident pour : la réalisation d’un audit indépendant et transparent du projet Sicomines ; la publication des résultats de cet audit ; la renégociation de l’avenant 5 ; ainsi qu’une application plus rigoureuse du Code minier congolais.
L’objectif affiché est de garantir une répartition plus équitable des revenus issus de l’exploitation des ressources naturelles.
Au-delà des chiffres avancés, ce débat met en lumière une question centrale : celle de l’équilibre des partenariats miniers en RDC et de leur capacité à générer des retombées concrètes pour l’économie nationale.
Dans un contexte de forte demande mondiale en minerais stratégiques, la gestion du projet Sicomines apparaît comme un test majeur pour la transparence et la souveraineté économique du pays.
Pierre Kabakila




