Trois organisations de la société civile basées à Kolwezi ont présenté, le 14 mai à Kinshasa, les résultats d’une enquête locale accusant la joint-venture Ruashi Mining d’être à l’origine d’une pollution environnementale jugée préoccupante, avec des conséquences sanitaires importantes pour les communautés riveraines. L’entreprise est détenue à 75 % par le groupe chinois Jinchuan Group.
Lors d’un point de presse, ces organisations ont interpellé sur le statut de Kolwezi face à l’exploitation minière, s’interrogeant sur le rôle de la ville : « zone sacrifiée », « solution mondiale pour la transition énergétique » ou encore « terre maudite » en raison de l’abondance des richesses de son sous-sol.
Selon les ONG, des prélèvements réalisés sur le terrain ont été soumis à des analyses en laboratoire. Les résultats révéleraient des niveaux de contamination dépassant les normes de l’Organisation mondiale de la santé, conformément aux directives de 2017.
Pollution présumée et impacts sanitaires signalés
Les analyses scientifiques citées dans le rapport font état de plusieurs signes de dégradation environnementale, notamment la corrosion et la perforation prématurée des toitures en tôle, l’apparition de fissures sur les murs des habitations ainsi que le dessèchement des plantes et des cultures.
Sur le plan chimique, les eaux de pluie et les eaux de puits présenteraient des concentrations élevées de métaux lourds — notamment l’arsenic, le cadmium, le fer, le manganèse et le cuivre — supérieures aux seuils recommandés par l’OMS pour l’eau potable.
Les organisations affirment également avoir documenté plusieurs effets sanitaires attribués à cette pollution présumée, parmi lesquels des problèmes respiratoires, des éruptions cutanées, des saignements de nez ainsi qu’une dégradation de la qualité de l’air, touchant particulièrement les enfants, les femmes et les personnes âgées.
Les autorités accusées d’inaction
Les trois ONG dénoncent ce qu’elles qualifient de silence ou de manque de réactivité des autorités locales, provinciales et nationales. Elles estiment que ces dernières tardent à imposer des mesures conservatoires urgentes afin de limiter les impacts environnementaux et sanitaires sur les populations exposées.
Selon ces structures, les communautés affectées continuent de payer un lourd tribut humain face à une situation qui exigerait une réponse rapide des pouvoirs publics.
Appel à des mesures urgentes
Face à ces constats, les organisations recommandent la suspension des activités jugées polluantes et exigent la mise en œuvre immédiate de mesures conservatoires.
L’IBGDH ASBL, l’une des structures à l’origine du rapport, appelle notamment à la fermeture de l’usine métallurgique de Ruashi Mining ainsi qu’à la délocalisation temporaire des populations exposées, le temps que la situation soit assainie et remise aux normes.
Cette affaire relance une nouvelle fois le débat sur la conciliation entre exploitation minière et protection des communautés locales en RDC. Elle pose également la question du contrôle des rejets industriels, du respect des normes environnementales et des mécanismes de protection sanitaire dans les zones minières.
Daniel Bawuna




