Malgré la directive du président de la République, Félix Tshisekedi, ordonnant la fin de la présence illégale des militaires et policiers dans les sites d’exploitation minière, cette mesure peine encore à produire ses effets dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri.
L’alerte est lancée par Rams Malikidogo, défenseur des droits humains et cadre de la société civile locale, qui affirme que des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) continuent d’être signalés dans plusieurs carrés miniers de la région.
Une décision saluée, mais encore peu visible sur le terrain
Interrogé par Mines.cd, Rams Malikidogo salue la décision du chef de l’État, estimant qu’elle répond aux préoccupations exprimées depuis plusieurs années sur l’implication de certains militaires dans les activités minières.
Toutefois, il regrette que cette directive ne soit pas encore effectivement appliquée dans plusieurs zones de Mambasa.
Selon lui, des militaires seraient toujours présents dans les sites miniers d’Elota, Pretoria, Russie, Jérusalem, Mbembese, Rabat, Pumzika et Mingazi, où ils participeraient à des activités d’exploitation minière.
« La mesure du Chef de l’État interdisant les militaires dans les carrés miniers est salutaire. Elle pourrait permettre aux militaires de se consacrer pleinement à la situation sécuritaire. Néanmoins, jusqu’à présent, leur présence est toujours signalée dans plusieurs sites miniers de Mambasa », a déclaré Rams Malikidogo.
Un contexte sécuritaire préoccupant
Ces dénonciations interviennent dans un contexte marqué par une insécurité persistante dans le territoire de Mambasa, où les populations sont régulièrement confrontées aux attaques attribuées aux Forces démocratiques alliées (ADF) ainsi qu’à d’autres groupes armés.
Pour la société civile, la mobilisation des forces de défense dans des activités non conformes à leurs missions pourrait réduire leur capacité à assurer la protection des populations civiles et à lutter contre les groupes armés actifs dans la région.
Appel à l’application effective de la directive présidentielle
Face à cette situation, Rams Malikidogo appelle les autorités civiles et militaires à prendre les dispositions nécessaires afin d’assurer l’application effective de la décision présidentielle.
Selon lui, le retrait des militaires des sites miniers constituerait une étape importante pour renforcer la gouvernance du secteur extractif, restaurer l’autorité de l’État et permettre aux forces de sécurité de se concentrer sur leur mission première : la sécurisation des populations et la lutte contre les groupes armés qui continuent de menacer l’Ituri.
Azarias Mokonzi




