L’exploitation de l’or se poursuit sur plusieurs sites du territoire de Luiza. Une enquête menée par le Collectif des Journalistes d’Investigation du Kasaï-Central relève plusieurs anomalies qui nécessitent des vérifications de la part des autorités compétentes.
Les journalistes indiquent avoir visité plusieurs sites miniers. Ils ont rencontré des exploitants, des creuseurs, des responsables coutumiers et des membres des communautés locales. Ils ont également examiné des documents et observé les équipements utilisés sur place.
À Kayembe, les enquêteurs ont identifié des équipements lourds attribués à OXOR CAPITAL. Le site comprenait notamment une drague de huit pouces, quatre motopompes industrielles, deux tracteurs et plusieurs pompes suceuses. Les enquêteurs y ont également retrouvé sept ressortissants russes.
Selon les éléments recueillis, ces personnes disposaient d’un document de prospection daté du 10 août 2025. Un rapport d’enquête cité dans le dossier indique toutefois que les services techniques avaient invalidé le site depuis le 27 mai 2015. Cette situation soulève donc des questions quant à la base juridique de l’exploitation constatée à Kayembe.
À Kalamba-Mbuji, les enquêteurs ont constaté l’arrivée de sept conteneurs contenant des équipements attribués à OXOR CAPITAL. À Lueta Poste, le responsable présenté comme dirigeant de l’entreprise a également utilisé le même document de prospection pour justifier ses activités.
L’enquête demande aux autorités minières de vérifier la légalité de ces activités
À Sankaji, les enquêteurs ont identifié la société SHASHEM. Ils ont constaté la présence de deux grandes dragues, d’un groupe électrogène industriel, de deux motopompes et d’une pompe suceuse. Les exploitants présents sur le site n’ont pas présenté de titre d’exploitation valide aux enquêteurs. Le rapport demande donc aux autorités de clarifier le statut juridique de cette exploitation.
À Mbangu, les enquêteurs ont identifié RECOPANE, également appelée REKOPANE RDC SARL. Ils ont constaté la présence d’une drague de grande capacité, d’un groupe électrogène, d’un broyeur et d’un tamis moderne.
Le dossier apporte toutefois une nuance. RECOPANE a présenté plusieurs documents, dont un arrêté ministériel portant permis de recherches, une autorisation provinciale de fonctionnement d’une coopérative et une attestation de prospection.
L’enquête ne conclut donc pas à une absence totale de documents ; elle demande plutôt aux autorités de vérifier si ces pièces couvrent réellement les activités observées sur le terrain.
De surcroît , l’enquête met ainsi en évidence plusieurs situations qui nécessitent des contrôles administratifs et judiciaires. Elle demande aux autorités minières de vérifier les titres, les autorisations et les conditions d’exploitation sur les différents sites.
Pierre Kabakila




