La présence d’enfants dans les carrés miniers en province de l’Ituri suscite une vive inquiétude au sein des structures citoyennes. Interrogé à ce sujet, Dieudonné Lossa, coordonnateur provincial de la Société civile Forces vives de l’Ituri, dresse un constat préoccupant et met en cause les défaillances dans la gestion de l’espace rural et minier.
Pour ce responsable, l’exposition des mineurs à des conditions de travail difficiles s’explique notamment par la proximité, voire la superposition, entre les zones d’habitation et les espaces d’exploitation minière.
« Il y a des enfants qui sont dans leurs villages et on y trouve des sites miniers. À ce moment-là, je ne sais pas si ce sont ces enfants qui se retrouvent dans des sites miniers, ou si des sites miniers sont érigés dans leurs villages », s’interroge Dieudonné Lossa.
Face à cette situation, la Société civile rappelle que la réglementation du secteur minier relève des prérogatives de l’État, d’autant plus que ces activités se déroulent dans des zones placées sous le contrôle administratif et sécuritaire des autorités publiques.
« On ne peut pas avoir des carrés miniers partout, c’est à l’État de prendre ses responsabilités. On doit faire le zonage pour ce qui concerne l’exploitation minière et c’est de la responsabilité de l’État, surtout que c’est dans une zone contrôlée par l’État », martèle le coordonnateur provincial.
Cette présence des enfants dans les sites miniers, dans un contexte de précarité de nombreux ménages, soulève également des préoccupations sur le plan éducatif et social. Certains mineurs délaissent les bancs de l’école pour se consacrer aux activités minières, au risque de compromettre leur avenir.
« L’avenir de ces enfants est tellement compromis, le fait qu’ils ne partent pas à l’école et qu’ils se concentrent dans des sites miniers », déplore Dieudonné Lossa.
La société civile plaide pour un zonage des activités minières
Pour éloigner les enfants de ces environnements dangereux, où ils peuvent être exposés à différentes formes d’abus et d’exploitation, la Société civile appelle le gouvernement congolais à prendre des mesures concrètes.
Elle recommande notamment un zonage systématique des activités minières dans les villages à forte concentration de minerais, afin de mieux distinguer les espaces d’habitation des zones d’exploitation. Elle plaide également pour une planification de la délocalisation des populations locales, lorsque celle-ci s’avère nécessaire.
Selon Dieudonné Lossa, cette démarche permettrait de mieux protéger les enfants de l’Ituri et de préserver leur droit fondamental à l’éducation.
Azarias Mokonzi




