Fin septembre, les trois métaux stratégiques pour l’économie congolaise évoluent en ordre dispersé. Le cuivre et l’or subissent la pression d’un dollar ferme et de perspectives de taux d’intérêt élevés, tandis que le cobalt reste suspendu aux effets de la politique de régulation mise en place par Kinshasa.
Le cuivre résiste
Le cuivre, principal produit d’exportation de la République démocratique du Congo, a terminé la séance du 29 septembre à 6,53 dollars la livre, en baisse d’environ 0,6 % sur la séance. Sur un mois, le recul reste limité à moins de 1 %, et le métal rouge affiche encore une progression de plus de 35 % sur un an.
Cette résistance s’explique notamment par la demande attendue des réseaux électriques, des infrastructures numériques et des véhicules électriques. Le marché reste toutefois sensible à l’évolution du dollar et aux anticipations sur la politique monétaire américaine.
Les contrats à terme sur le cuivre avaient déjà touché la semaine dernière leur plus bas niveau depuis une semaine, autour de 6,66 dollars la livre, dans un contexte marqué par la vigueur du billet vert.
Du côté de l’offre, le marché demeure sous tension. Plusieurs raffineries chinoises doivent procéder à des opérations de maintenance au début du quatrième trimestre. Cela a contribué à creuser l’écart entre le prix au comptant et les échéances rapprochées sur le London Metal Exchange.
Pour les producteurs du Katanga et du Lualaba, la situation reste néanmoins favorable. Malgré le récent repli, les cours du cuivre demeurent élevés au regard des niveaux historiques, ce qui offre encore un environnement rémunérateur aux opérateurs congolais.
L’or sous pression
L’or connaît, lui aussi, une correction, plus marquée. Le métal jaune évolue autour de 4 150 dollars l’once, son plus bas niveau depuis début août, après avoir perdu environ 6,5 % en quatre semaines.
La remontée des prix du pétrole alimente les anticipations d’inflation et renforce les attentes d’une politique monétaire américaine moins accommodante. Or la hausse des rendements obligataires pénalise traditionnellement l’or, qui ne rapporte aucun intérêt.
Malgré cette correction, le métal précieux reste en hausse d’environ 8 % sur un an.
Pour la RDC, l’enjeu est particulier. Une partie importante de la production aurifère provient de l’exploitation artisanale dans l’Est du pays, notamment dans des zones où le contrôle administratif et la traçabilité restent difficiles. Une baisse des cours peut donc peser sur la valeur des exportations officiellement enregistrées. Son impact réel dépend toutefois aussi des volumes produits et de la part effectivement intégrée aux circuits officiels.
Le cobalt cherche un nouvel équilibre
Le cobalt est le métal le plus directement lié aux choix de politique minière de Kinshasa.
Les autorités congolaises ont suspendu les exportations en février 2025, puis ont instauré en octobre de la même année un système de quotas destiné à réguler les volumes exportés. Cette intervention a entraîné une forte remontée des prix : ceux de l’hydroxyde de cobalt ont plus que quadruplé jusqu’en avril 2026.
Depuis, la reprise progressive des expéditions dans le cadre du nouveau régime a inversé une partie de cette dynamique. Le marché cherche désormais un nouveau point d’équilibre entre l’offre effectivement disponible, les quotas congolais et la demande mondiale.
L’enjeu est considérable pour la RDC. Le pays assure environ les trois quarts de la production mondiale de cobalt et pèse donc de manière exceptionnelle sur l’offre. Mais la capacité de Kinshasa à influencer durablement les prix dépendra aussi de l’application effective des quotas, de la réaction des producteurs et de l’évolution de la demande, notamment dans les batteries.
À l’entrée dans le dernier trimestre de l’année, les trois métaux racontent ainsi trois histoires différentes. Le cuivre reste solide mais exposé au dollar, l’or est en phase de correction et le prix du cobalt reste étroitement lié à la politique d’offre congolaise.
Pour l’économie congolaise, l’enjeu dépasse le simple niveau des prix. Il s’agit de transformer ces marchés volatils en recettes publiques et en revenus d’exportation plus prévisibles.




