Le territoire de Luiza fait également l’objet de questions sur les flux financiers liés à l’exploitation de l’or. Une enquête du Collectif des Journalistes d’Investigation du Kasaï-Central évoque plusieurs opérations financières et des accusations qui nécessitent des vérifications officielles.
À Sambuyi, des ressortissants tanzaniens rencontrés par les enquêteurs ont déclaré avoir effectué plusieurs paiements.
Les documents cités dans l’enquête font état d’un transfert de 11 700 dollars d’Ecobank vers TMB. Ils mentionnent également un dépôt de 15 000 dollars sur un compte TMB et un paiement de 3 000 dollars en espèces.
Le montant total atteint 29 700 dollars américains.
L’enquête cite Djory Ngandu, alors directeur de cabinet du gouverneur. Elle lui attribue la communication d’un numéro de compte bancaire et la réception des 3 000 dollars en espèces.
Le dossier mentionne également une décharge écrite qui lui serait attribuée. Ces éléments constituent des accusations qui doivent être vérifiées. Les enquêteurs demandent notamment aux autorités judiciaires d’examiner les documents bancaires et la décharge mentionnés dans le dossier.
L’enquête soulève une autre accusation
Selon le témoignage recueilli auprès de l’avocat de l’entreprise, LETA MBAVU disposait de titres miniers authentiques et exclusifs. La société aurait pourtant rencontré des difficultés pour accéder à sa propre concession.
Le même témoignage accuse Djory Ngandu d’avoir demandé 100 000 dollars américains pour permettre à l’entreprise de travailler.
L’investisseur aurait refusé cette demande. Une suspension des travaux aurait ensuite été signée. Cependant, l’enquête demande une vérification de cette accusation. Elle recommande notamment l’examen de la lettre de suspension, des échanges entre les parties, des titres miniers de l’entreprise et des éventuels mouvements financiers.
Il convient de noter que le rapport ne présente pas ces accusations comme des condamnations. Il demande aux institutions compétentes d’établir les faits et les responsabilités.
À Kabanda Musefu, l’enquête relève également une autre question financière.
Les journalistes ont constaté la présence de broyeurs, de concasseurs, de pompes suceuses et de dragues. Ils signalent aussi l’utilisation de dynamite et la perception d’une taxe appelée « boute-feu ».
Le montant rapporté sur le terrain atteint 150 000 francs congolais par explosion. Selon l’enquête, cette perception ne correspond pas au mécanisme légal des droits liés aux explosifs.
Le rapport demande donc aux autorités d’identifier les personnes qui collectent cette taxe et de déterminer la destination des fonds. Ces différents dossiers placent les flux financiers au centre des interrogations sur la gouvernance du secteur aurifère à Luiza.
Pierre Kabakila




