La Coalition Le Congo n’est pas à vendre (CNPAV) hausse le ton sur le dossier Sicomines. Dans un communiqué publié jeudi, l’organisation de la société civile appelle les autorités congolaises à accélérer la mise en œuvre de l’audit technique et financier indépendant du projet, présenté comme un outil essentiel pour renforcer la transparence et la redevabilité dans la gestion du partenariat minier conclu avec la Chine.
Le CNPAV interpelle directement le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, ainsi que la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, afin qu’ils garantissent la réalisation effective de cet audit.
Un audit annoncé mais toujours attendu
Selon la coalition, cet audit avait été annoncé en mars 2026 par l’Agence de pilotage, de coordination et de suivi des conventions de collaboration (APCSC).
Cette démarche découlerait notamment des engagements prévus dans l’article 1er de l’avenant n°5 à la Convention Sicomines, ainsi que d’une recommandation formulée par l’ITIE-RDC dans son rapport thématique publié en novembre 2021.
Pour le CNPAV, le retard enregistré dans le lancement de cet audit soulève des préoccupations sur le suivi des engagements pris dans le cadre de ce partenariat stratégique.
Des inquiétudes sur les retombées économiques
L’organisation estime que plus de deux ans après la signature de l’avenant n°5, l’évaluation indépendante n’a toujours pas démarré.
Selon ses analyses, les mécanismes actuels de décaissement des fonds destinés aux infrastructures auraient généré un manque à gagner évalué à plus de 410 000 dollars américains par jour depuis la conclusion de cet avenant.
Ces estimations, avancées par le CNPAV, alimentent le débat sur l’équilibre économique du modèle « infrastructures contre mines », qui prévoit l’exploitation des ressources minières en échange d’investissements dans les infrastructures publiques.
La Primature appelée à garantir l’indépendance du processus
Pour éviter toute contestation sur la crédibilité de l’exercice, le CNPAV recommande que la Première ministre supervise directement le processus à travers un décret et le recrutement d’un cabinet d’audit spécialisé.
La coalition souhaite également que l’évaluation couvre l’ensemble des composantes de la Convention Sicomines, notamment les volets liés aux activités minières, aux investissements réalisés et aux infrastructures promises.
Vers une publication des conclusions avant fin 2026
Le CNPAV dit prendre acte de la session préliminaire consacrée à l’évaluation annuelle de la Convention Sicomines, organisée le 21 juillet 2026 au cabinet du président de la République.
Pour l’organisation, cette étape doit permettre d’identifier les blocages et de créer les conditions nécessaires au lancement effectif de l’audit.
La coalition plaide enfin pour que les conclusions de cette évaluation soient rendues publiques avant la fin de l’année 2026, estimant qu’une transparence accrue est indispensable pour garantir que ce partenariat minier stratégique serve pleinement les intérêts économiques de la République démocratique du Congo.
Pierre Kabakila




