L’opposant congolais Olivier Kamitatu, cadre du parti Ensemble pour la République, a vivement critiqué la gestion des ressources minières de la République démocratique du Congo sous le régime du président Félix Tshisekedi, estimant que le boom minier observé ces dernières années ne s’est pas traduit par des bénéfices tangibles pour la population.
Dans une tribune consultée par Mines.cd, l’ancien président de l’Assemblée nationale affirme qu’entre 2019 et 2026, près de 20 millions de tonnes de cuivre auraient été extraites du sous-sol congolais, pour une valeur estimée entre 180 et 200 milliards de dollars américains.
Selon lui, cette richesse considérable contraste fortement avec les réalités socio-économiques du pays.
Un boom minier aux retombées jugées limitées
Dans son analyse, Olivier Kamitatu rappelle que la RDC s’est imposée comme l’un des principaux producteurs mondiaux de cuivre, tout en conservant une position stratégique sur le marché du cobalt, minerai essentiel à la transition énergétique et aux technologies modernes.
Cependant, l’opposant estime que cette croissance spectaculaire du secteur extractif ne s’est pas accompagnée d’une amélioration significative des conditions de vie des Congolais.
Il pointe notamment :
- Un niveau de pauvreté élevé, avec plus de 70 % de la population vivant avec moins de 2,15 dollars par jour ;
- Les difficultés persistantes dans les secteurs de la santé et de l’éducation ;
- Le faible impact visible des revenus miniers sur les infrastructures publiques et les services sociaux.
Des contrats miniers jugés déséquilibrés
Olivier Kamitatu critique également la structure de certains partenariats conclus avec des investisseurs étrangers, particulièrement chinois, qu’il considère insuffisamment favorables à l’État congolais.
Dans sa tribune, il cite notamment les cas de CMOC et de Sicomines, estimant que ces partenariats ne permettent pas à la RDC de capter une part équitable des revenus générés par l’exploitation de ses ressources stratégiques.
L’opposant appelle ainsi à une révision de la gouvernance du secteur afin de maximiser les bénéfices pour les populations locales et renforcer la souveraineté économique du pays.
Critiques sur les finances publiques
Au-delà du secteur minier, Olivier Kamitatu met également en cause la gestion des finances publiques. Il évoque une augmentation des dépenses institutionnelles, parallèlement à un niveau d’exécution qu’il juge insuffisant des budgets alloués aux secteurs sociaux.
Selon lui, cette situation alimente un décalage croissant entre les performances macroéconomiques du secteur minier et les conditions de vie réelles des Congolais.
Des interrogations sur les nouveaux partenariats stratégiques
Olivier Kamitatu s’interroge également sur les récentes coopérations internationales liées aux minerais critiques congolais, notamment avec les États-Unis autour du corridor de Lobito.
Pour l’opposant, ces partenariats, bien qu’ambitieux sur le plan économique et géostratégique, ne constituent pas à eux seuls une garantie d’une meilleure redistribution des richesses minières au profit de la population congolaise.Cinq titres alternatifs
Pierre Kabakila




