Lors d’une séance de questions orales avec débat tenue jeudi 21 mai 2026 à l’Assemblée nationale, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a présenté les mesures prises par le gouvernement pour renforcer la régulation du marché du cobalt, encadrer la filière cupro-cobaltifère et améliorer la participation des travailleurs congolais au capital des entreprises minières.
Cette intervention faisait suite à une question orale initiée par le député national Pierre Sumey Kitenge. Les échanges ont principalement porté sur trois axes : le système de quotas piloté par l’ARECOMS, la suspension et le contrôle des entités de traitement de la filière cupro-cobaltifère, ainsi que les mécanismes destinés à renforcer l’implication des travailleurs congolais dans le capital des sociétés minières.
Renforcement de la transparence et de la traçabilité
Dans son exposé, le ministre des Mines a détaillé les actions engagées par le gouvernement pour améliorer la transparence et la traçabilité des produits miniers, en particulier du cobalt, ressource stratégique dont la RDC demeure l’un des principaux producteurs mondiaux.
Selon Louis Watum Kabamba, ces mesures visent à consolider l’autorité de l’État sur la chaîne de valeur minière et à garantir une meilleure redistribution des revenus issus du secteur au bénéfice de la nation.
Une réforme au nom de la souveraineté économique
À l’en croire, ces réformes sont mises en œuvre sous la coordination de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, conformément à la vision du président de la République, Félix Tshisekedi, visant à renforcer la souveraineté nationale sur les filières stratégiques.
Le ministre a rappelé que cette dynamique de réforme ambitionne d’optimiser les retombées économiques du secteur minier, tout en instaurant une gouvernance plus rigoureuse, durable et bénéfique à l’ensemble de la population congolaise.
Contrôle des unités de traitement minières
S’agissant des entités de traitement de minerais, Louis Watum Kabamba a expliqué les motivations des récentes suspensions décidées par les autorités, tout en précisant les mécanismes de contrôle mis en place afin de garantir le respect des normes environnementales, de la légalité des opérations et des exigences de conformité.
L’objectif, a-t-il souligné, est d’assainir la filière cupro-cobaltifère afin de lutter contre les fraudes, les pratiques illicites et les pertes de recettes pour l’État.
Une meilleure participation des travailleurs congolais
La question de la participation des travailleurs congolais au capital des entreprises minières a également été abordée au cours des échanges.
Le ministre a évoqué plusieurs pistes de réflexion destinées à favoriser l’accès des employés aux actions et aux bénéfices générés par les sociétés minières, dans le cadre de la volonté gouvernementale d’assurer une répartition plus équitable des richesses issues du sous-sol congolais.
Des éclaircissements attendus sous 48 heures
Si les débats se sont déroulés dans un climat qualifié de républicain et constructif, plusieurs députés ont néanmoins soulevé des préoccupations supplémentaires, au regard de la technicité et de la complexité des sujets abordés.
Conformément au règlement intérieur de l’Assemblée nationale, le ministre des Mines devra apporter des réponses complémentaires dans un délai de quarante-huit heures.
Le cobalt au cœur des réformes minières
Cette intervention intervient dans un contexte où la RDC poursuit plusieurs réformes structurelles destinées à mieux encadrer les minerais stratégiques, améliorer leur traçabilité et accroître les bénéfices économiques au profit de la population.
Le cobalt, indispensable aux technologies modernes et à la transition énergétique mondiale, demeure au centre des enjeux économiques et géopolitiques du secteur minier congolais.
Daniel Bawuna




