À Madrid, en Espagne, la République démocratique du Congo renforce son attractivité minière auprès des investisseurs internationaux. Le directeur général du Cadastre Minier (CAMI), Popol Mabolia Yenga, met en avant une vaste politique d’assainissement du portefeuille minier national.
Dans une interview accordée à l’envoyé spécial de MINES.CD, en marge du congrès annuel du Cobalt Institute, il a expliqué que les réformes engagées ces dernières années visent à restaurer la crédibilité du fichier cadastral congolais.
« Toute notre politique d’assainissement en RDC a pour but d’améliorer ce fichier », a-t-il déclaré.
Selon Popol Mabolia, ce processus a permis de récupérer de nombreux carrés miniers détenus par des opérateurs défaillants ne respectant pas leurs obligations légales.
« Nous avons libéré un grand nombre de titres mis à disposition et appliqué la loi avec rigueur », a affirmé le patron du CAMI.
Le secteur minier congolais fait face, depuis plusieurs années, à des critiques portant sur l’opacité dans l’attribution des permis, la spéculation ainsi que l’occupation prolongée de concessions inexploitées. Cependant, les autorités entendent désormais imposer davantage de transparence afin de rassurer les investisseurs étrangers, dans un contexte de concurrence mondiale accrue autour des minerais critiques.
Le directeur général du CAMI, considéré comme la porte d’entrée du secteur minier en RDC, voit dans cette rigueur un signal fort envoyé aux partenaires internationaux.
« De nombreuses compagnies ayant acquis des titres sans respecter la loi ont été sanctionnées. Cela garantit la transparence tant recherchée par les investisseurs », a-t-il insisté.
Cette stratégie s’inscrit dans les efforts de la RDC pour consolider sa position dominante dans l’approvisionnement mondial en cobalt, cuivre, lithium et autres minerais essentiels à la transition énergétique. Elle traduit également la volonté de l’État de reprendre le contrôle effectif du secteur.
Un défi qui demeure majeur
Si le CAMI gère les titres et le cadastre minier, le contrôle sur le terrain relève d’autres entités, notamment l’Inspection générale des mines et les services environnementaux. La coordination institutionnelle demeure ainsi un enjeu majeur de la gouvernance minière.
Des actions concrètes du CAMI, révélées par la CTCPM
Cette volonté politique s’appuie sur des actions administratives concrètes. Récemment, les rapports de la Cellule technique de coordination et de planification minière (CTCPM) ont servi de base technique pour identifier les dossiers litigieux.
En croisant les données du CAMI avec les évaluations de la CTCPM, les autorités ont pu constater le non-respect des engagements de recherche ou de mise en exploitation par plusieurs titulaires de droits miniers.
Cette synergie institutionnelle a conduit à :
la déchéance systématique de droits miniers pour non-paiement des droits superficiaires annuels ;
la récupération de périmètres stratégiques — représentant plus de 31 000 km² de territoire minier — à la suite du constat de l’absence de rapports d’activités validés par la CTCPM ;
la mise à disposition de nouveaux espaces pour des investisseurs sérieux et financièrement capables.
Pour la RDC, premier producteur mondial de cobalt, l’enjeu dépasse la simple gestion administrative. Il s’agit aussi de rassurer les géants de l’industrie automobile et technologique dans un marché mondial devenu hautement compétitif.




