Malgré les frappes aériennes menées l’année dernière pour paralyser l’exploitation minière sous contrôle rebelle, des sources locales signalent une reprise progressive des activités sur le site de Twangiza Mining, dans le Sud-Kivu. La présence d’experts étrangers et une pression accrue sur les civils alimentent les craintes d’une consolidation économique de la rébellion dans la région.
Selon plusieurs témoignages concordants, des ingénieurs rwandais auraient été déployés sur le site afin de superviser les opérations techniques pour le compte de la coalition M23-RDF-AFC (Alliance Fleuve Congo).
Une reprise discrète mais stratégique
Cette relance intervient après une période d’incertitude. En octobre 2025, des frappes aériennes ciblées avaient pourtant sérieusement endommagé des infrastructures clés de l’usine, notamment les réserves de carburant et les unités de production d’énergie, dans l’objectif de tarir les sources de financement de la rébellion.
Mais sur le terrain, les rebelles semblent avoir opté pour une stratégie de résilience discrète.
« De nouveaux équipements énergétiques ont été installés en cachette à proximité du site », confie une source proche du dossier. Et d’ajouter : « les activités reprennent progressivement, malgré les destructions visibles de l’an dernier.»
Cette reprise technique suggère l’existence d’un appui logistique structuré, permettant de contourner les contraintes imposées par les opérations militaires.
Une pression accrue sur les populations civiles
Parallèlement à cette réorganisation, la situation humanitaire connaît une nette dégradation. La pression exercée sur les populations locales pour le contrôle des ressources aurait franchi un seuil critique à la fin du mois de mars 2026.
Des sources locales font état d’un massacre ayant coûté la vie à plus d’une dizaine de civils, tandis que plusieurs autres auraient été blessés. Selon les témoignages recueillis, les rebelles exigeraient des creuseurs artisanaux la remise intégrale de leur production, sous menace de représailles immédiates.
Cette logique de prédation directe illustre la volonté de la coalition M23/AFC de transformer Twangiza en véritable base de financement, au détriment des populations locales.
Un enjeu géopolitique sensible
La présence présumée d’ingénieurs rwandais sur le sol congolais renforce les accusations récurrentes de Kinshasa sur l’implication directe de Kigali dans l’exploitation illégale des ressources naturelles de la RDC.
Dans ce contexte, le site de Twangiza s’impose comme un symbole d’un conflit où les ressources minières jouent un rôle central dans le financement des groupes armés.
Pour l’heure, aucune communication officielle n’a été faite par les autorités militaires congolaises quant à une éventuelle nouvelle intervention pour stopper cette reprise d’activités.
Azarias Mokonzi




