En mission d’itinérance dans les territoires d’Aru et Mahagi, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a durci le ton. Face à l’ampleur de l’exploitation illégale de l’or par des opérateurs étrangers, principalement chinois, il appelle à un sursaut national pour restaurer la souveraineté économique de la République démocratique du Congo.
Le constat dressé sur le terrain est sans équivoque. Dans la province de l’Ituri, les richesses minières continuent d’échapper au contrôle de l’État, au détriment des populations locales. Lors de sa descente en début de semaine, le ministre a découvert des sites transformés en véritables zones de non-droit, où l’exploitation illégale s’est structurée en système.
Des réseaux organisés hors de tout cadre légal
Selon les observations faites sur place, il ne s’agit plus de simples activités artisanales informelles, mais de réseaux organisés opérant en toute illégalité. Le ministre a notamment pointé la présence d’exploitants chinois recourant à des engins lourds sur plusieurs sites aurifères, sans titres miniers ni permis d’exploitation.
« Je suis ingénieur, et je peux vous dire que ce qui sort d’ici, c’est beaucoup d’argent. Pourquoi permettons-nous cela ? », s’est interrogé le ministre.
Cette exploitation clandestine prive l’État de recettes importantes et alimente des circuits financiers parallèles, échappant à tout mécanisme de traçabilité et de redistribution.
Une richesse qui ne profite pas aux populations
Sur le terrain, le contraste est frappant. Alors que les activités minières illégales génèrent d’importants revenus, les communautés locales continuent de vivre dans des conditions précaires, sans infrastructures de base.
« Je vois des mauvaises routes, je ne vois pas d’écoles modernes, je ne vois pas de centres médicaux… je ne vois rien ici », a déploré le ministre.
En principe, l’exploitation minière encadrée par le Code minier devrait contribuer au développement local à travers des retombées sociales concrètes. En Ituri, cette logique reste largement inopérante, alimentant frustration et sentiment d’injustice au sein des populations.
Vers une reprise en main du secteur
Face à cette situation, le gouvernement entend passer à l’action. Le ministre des Mines a ordonné la saisie des engins utilisés par les opérateurs en situation irrégulière, en vue de leur transfert vers les autorités compétentes.
Cette mission marque le début d’une offensive visant à assainir le secteur minier, renforcer l’autorité de l’État et lutter contre la fraude sous toutes ses formes. Pour Louis Watum Kabamba, l’enjeu est clair : faire en sorte que les ressources naturelles de la RDC contribuent effectivement au développement national et au bien-être des populations.
Azarias Mokonzi




